Avec les futurs sous-marins et porte-avions, le groupe TechnicAtome a le vent en poupe

  • AFP
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TechnicAtome, spécialisé dans les réacteurs nucléaires compacts, a vu son chiffre d'affaires se rétracter de 5% en 2020, à 400 millions d'euros, mais table sur les programmes des futurs sous-marins et porte-avions français pour développer son activité.

En raison du confinement dû à la crise sanitaire, "l'essentiel de la production a été arrêté pendant presque deux mois", a affirmé son PDG Loïc Rocard lors d'une visioconférence de presse. Cela n'a selon lui pas nui à la rentabilité de l'entreprise, qui était de 14%, ni "à la capacité de rebond puisqu'en 2021", le groupe tablant "sur une croissance de [son] activité de l'ordre de 10%".

Détenue par l'Agence des participation de l'État (50%), Naval Group (20%), le Commissariat à l'énergie atomique (CEA, 20%) et EDF (un peu moins de 10%), TechnicAtome - anciennement Areva TA - conçoit, produit et exploite les chaufferies nucléaires qui propulsent les sous-marins français depuis les années 1970 ainsi que le porte-avions Charles-De-Gaulle.

L'entreprise a livré l'an passé la chaufferie du premier des six sous-marins d'attaque de classe Barracuda, le Suffren. Avec le lancement de la fabrication des premières pièces du premier sous-marin lanceur d'engins de troisième génération (SNLE3G), qui sera livré en 2035, et les études d'avant-projet des chaufferies du futur porte-avions, livrable en 2038, TechnicAtome voit son plan de charge occupé pour les prochaines décennies.

"Concevoir un programme de réacteurs nucléaires, c'est 20 années d'études et de réalisation puis ensuite 40 années d'exploitation", résume Bernard Gauducheau, directeur des réacteurs de défense. "En 2021, par exemple, nous devons apporter une expertise auprès de la Marine nationale sur les réacteurs développés dans les années 1970 et en même temps et en même temps concevoir les prochaines chaufferies qui équiperont le porte-avions de nouvelle génération et qui seront amenés à être exploitées jusqu'en 2080", explique-t-il.

Depuis sa création en 1972, TechnicAtome a ainsi livré 18 réacteurs pour la Marine. Il doit en livrer 12 au cours des 30 prochaines années. Dans le domaine si secret de la dissuasion nucléaire, "nous n'avons aucun échange sur nos procédés avec nos partenaires internationaux, ni en France. Nous avons donc l'impérieux devoir d'entretenir notre compétence en transférant le savoir-faire de nos anciens vers nos jeunes", explique Loïc Rocard.

Forte de 1 700 salariés, TechnicAtome a embauché 500 ingénieurs et techniciens en quatre ans et prévoit d'en embaucher 150 supplémentaires en 2021.

Commentaires

Serge Rochain

Le vent en poupe ?
A croire que sous-marin et portes avions marchent à la voile.....?

Joseph Letellier

et à la vapeur...

Abadie

Avec un seul client, l'Etat français, un seul produit, les petits réacteurs nucléaires, un plan de charge assuré sur des décennies, quel est l'intérêt d'avoir une société privée, cela coûterait moins cher de les nationaliser.

Florian

Mais TechnicAtome est détenu à 92% par l'état car ces actionnaires sont eux-mêmes rattachés à l'état :
- l'Agence des participation de l'État (50%) --> C'est l'état
- Naval Group (20%) --> appartient à l'état à ~70%
- le Commissariat à l'énergie atomique (CEA, 20%) --> appartient à l'état à 100%
- EDF (un peu moins de 10%) --> appartient à l'état à ~80%

Abadie

Votre calcul est juste, il démontre qu'à travers les participations multiples l'Etat possède 92% du capital de l'entreprise. TechnicAtome n'a qu'un seul client, c'est critique. L'Etat lui même n'admet pas qu'une PME depende de plus de 30% de ses services.

Enfin, le fait que l'Etat passe commande coûte mécaniquement 20% plus cher que si le service était étatique. C'est ce qui est arrivé au ministère de la défense en 2003 lors de la privatisation de l'arsenal DCN en société DCNS. Le ministère a dû payer 20% de plus pour la même chose, c'est la TVA qui n'est pas récupérée par le ministère de la defebse, mais absorbé par Bercy, pour on ne sait quelle finalité.

François Marfaing

Vu de l’extérieur, il semble curieux que personne ne remette en cause la stratégie de la dissuasion nucléaire française qui coûte une fortune ! Valéry Giscard d’Estaing avait compris dès 1980 que c’était un leurre. Qui peut définir précisément les intérêts stratégiques de la France ? Que vaut-il mieux, être mort ou être prisonnier ? VGE avait fait son choix, le seul logique, la vie !

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