- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a semblé jeudi tendre la main à Bruxelles avec qui il est engagé dans un bras de fer sur le déblocage d'un prêt de 90 milliards d'euros destiné à l'Ukraine.
Le dirigeant hongrois, proche de Vladimir Poutine, bloque l'envoi de ses fonds à Kiev depuis plusieurs jours.
Au coeur de la crise: un oléoduc, qui fournit son pays en pétrole russe, mais qui a été endommagé par des frappes russes en Ukraine.
Budapest accuse Kiev de traîner les pieds pour rouvrir cet oléoduc, endommagé en janvier. Il a refusé, par le biais de missives au ton particulièrement musclé, de débloquer ces milliards pour l'Ukraine, les conditionnant à la réouverture de l'oléoduc Droujba, et ce malgré un vote en décembre.
Après avoir reçu une pluie de critiques de Bruxelles et du président ukrainien Volodymyr Zelensky, Viktor Orban a semblé faire un pas en arrière.
Dans une nouvelle lettre adressée au président du Conseil européen et consultée par l'AFP, le dirigeant reconnaît jeudi les "difficultés politiques" engendrées par son blocage et se dit favorable à une "résolution rapide" de cette crise.
"La Hongrie est prête à s'engager de manière constructive dans tous les efforts qui contribuent" à la réouverture de l'oléoduc, assure-t-il.
Le Premier ministre hongrois propose ainsi d'envoyer une mission d'experts en Ukraine pour "évaluer" le statut de l'oléoduc et s'engage à accepter les résultats d'une telle mission.
"Ça ressemble pour moi au début d'une reculade", analyse un diplomate européen auprès de l'AFP.
"Cela pourrait être une porte de sortie potentielle - jusqu'à ce qu'il ait besoin d'autre chose avant les élections", renchérit un autre, sous couvert d'anonymat.
De nombreux responsables européens soupçonnent en effet Viktor Orban, en campagne pour sa réélection le 12 avril mais à la traîne dans les sondages, d'exploiter ce dossier à des fins électorales.
