- Connaissance des Énergies avec AFP
- parue le
Le géant pétrolier britannique BP a vu son bénéfice annuel plonger de 86% l'an dernier, à 55 millions de dollars, plombé par la baisse des prix du pétrole et une lourde charge liée à la transition énergétique, a-t-il annoncé mardi.
Recentrage radical sur les hydrocarbures
En pleine révolution interne après être largement revenu sur une ambitieuse stratégie climatique, le groupe explique notamment dans un communiqué avoir subi des dépréciations "d'environ 4 milliards de dollars principalement liées à (ses) activités de transition dans le segment gaz et énergies bas carbone".
Le groupe, dont les performances ont décroché ces dernières années par rapport à ses rivaux, a présenté l'an dernier un plan de redressement passant par un recentrage radical sur les hydrocarbures et une réduction des coûts, avec la suppression de milliers d'emplois.
Il a aussi annoncé en décembre la nomination d'une nouvelle directrice générale, l'Américaine Meg O'Neill, une ancienne d'ExxonMobil, en remplacement de Murray Auchincloss. Elle prendra ses fonctions le 1er avril.
Le groupe précise mardi que son bénéfice sous-jacent (hors éléments exceptionnels), très scruté par les marchés, a lui aussi reculé, mais dans une moindre mesure, de 16% à 7,5 milliards de dollars. Il indique avoir augmenté son objectif de réduction de ses coûts structurels "à 5,5-6,5 milliards de dollars d'ici fin 2027" et annonce "suspendre les rachats d'actions" pour renforcer son bilan.
Déjà plus de 11 milliards de dollars de cessions
Dans le cadre de son plan de redressement, BP avait aussi annoncé l'an dernier quelque 20 milliards de dollars de cessions d'ici 2027. Le groupe a déjà réalisé ou annoncé des cessions à hauteur de "plus de 11 milliards de dollars de cessions - plus de la moitié de l'objectif", a-t-il fait valoir mardi.
L'entreprise avait notamment annoncé en décembre la vente de 65% des parts de sa filiale de lubrifiants moteurs Castrol au fonds d'investissement américain Stonepeak, une opération dont elle évalue le produit net à 6 milliards de dollars, qui seront utilisés pour réduire sa dette.
Le concurrent britannique de BP, Shell, avait publié la semaine dernière un bénéfice net en hausse de 11% en 2025 à 17,838 milliards de dollars, en dépit de la baisse des prix du pétrole, qui a été compensée par le volume des ventes et une baisse de ses coûts.