Automobile : la filière du bioéthanol évoque « un horizon prometteur »

parue le

Selon la filière, environ 1% de la surface agricole utile française seulement est utilisé pour produire des betteraves et des céréales pour le bioéthanol et ses coproduits alimentaires. (©Vanackere)

En 2025, les volumes de bioéthanol consommés en France ont progressé de 15%, selon les derniers chiffres présentés le 3 février par la Collective du bioéthanol. Et « une nouvelle ère s'ouvre » en 2026 pour ce biocarburant, assure la filière.

Un « triptyque rassurant »

En 2025, la consommation française de bioéthanol dans les essences (essences sans plomb et superéthanol-E85) a augmenté de 15%, dépassant les 19 millions d’hectolitres l'an dernier. Ce niveau permet, selon la filière, de « remplacer l’équivalent d’un million de tonnes de pétrole et d’éviter 2,7 millions de tonnes de CO2 par rapport aux carburants fossiles, soit l’équivalent des émissions de CO2 de 1 400 000 voitures ». 

Pour rappel, le bioéthanol est incorporé dans les essences en France, en pur ou sous forme d'un dérivé, jusqu’à 7,5% (dont au maximum 5% d’éthanol pur) dans le SP95 et le SP98, jusqu’à 10% dans le SP95-E10 et jusqu’à 85% dans le Superéthanol-E85. Ce taux d'incorporation de bioéthanol dans l'E85 varie toutefois fortement selon les saisons : il chute autour de 60 à 65% en hiver et une moyenne de 75% est généralement retenue.

La Collective du bioéthanol évoque « un triptyque rassurant » pour l'avenir : « ouverture européenne, stabilité fiscale française et innovations ». Au premier rang des nouvelles rassurantes pour la filière figure un recul : celui de la Commission européenne qui a publié en décembre 2025 un projet de révision de son règlement CO2 pour les véhicules légers, en rouvrant « la possibilité de commercialiser des véhicules équipés d’un moteur thermique, après 2035, qui pourront consommer des carburants contenant du bioéthanol » (au lieu de l'interdiction des ventes de voitures à moteurs thermiques à cet horizon). Une aubaine pour la filière qui plaide pour les véhicules hybrides et hybrides rechargeables utilisant « du Superéthanol-E85 aujourd’hui, et demain de l’E85 100% renouvelable ».

Le pouvoir d'achat « au cœur des préoccupations »

La stabilité de la fiscalité de l'E85 constitue un autre point de satisfaction souligné par la Collective du bioéthanol. Et pour cause, le prix de ce « carburant du pouvoir d'achat » est un atout central pour la filière : son prix à la pompe en 2025 atteignait « 0,73€/l en moyenne, soit près d’1€ de moins que le SP95-E10 (1,69€/l) ». En retenant comme hypothèse une surconsommation de 25% liée à ce carburant, « les automobilistes convertis au bioéthanol ont réalisé 705 € d’économies sur l’année pour 13 000 km parcourus par rapport à l’essence SP95- E10 ».

Or, la Collective du bioéthanol a commandé à l'IFOP une enquête sur les préférences des Français en matière d'automobile et de carburant qui souligne l'importance apportée aux critères économiques, loin devant les impacts environnementaux. Parmi les critères déterminants lors de l'achat d'une voiture, 57% des personnes interrogées citent « en premier » le prix d'acquisition de la voiture et 10% le prix du carburant nécessaire.

Si les voitures électriques se démarquent naturellement sur ce dernier critère, la Collective du bioéthanol indique pour sa part que « les Français plébiscitent à hauteur de 76% le moteur thermique, seul ou associé à une hybridation » et que « près de 64% des Français pensent que l’Europe devrait laisser aux automobilistes le libre choix de la motorisation de leur véhicule ».

La filière souligne par ailleurs la notoriété « bien installée » de l'E85 (76% des personnes interrogées dans le cadre de l'enquête de l'IFOP en ont déjà entendu parler). Depuis 2006, « près de 418 000 automobilistes sont passés au Superéthanol-E85 (259 000 soit 62 % avec un boitier flex-E85 homologué et 159 000 soit 38 % avec un véhicule flex-E85 d’origine) ».

Sources / Notes

La Collective du bioéthanol évoque « un triptyque rassurant »

Sur le même sujet