- Connaissance des Énergies avec AFP
- parue le
La CPME, deuxième organisation patronale représentative, a demandé samedi au gouvernement d'élargir les mesures ciblées, jugées insuffisantes, qui ont été annoncées pour aider les secteurs les plus touchés par la flambée des prix du carburant.
"Nous soutenons (...) l'activation et l'élargissement de mesures exceptionnelles, urgentes et ciblées, simples et accessibles, en complément des premières dispositions décidées par le gouvernement pour le seul mois d'avril", indique la Confédération des petites et moyennes entreprises dans un communiqué.
Pour elle, les annonces faites par le gouvernement vendredi "vont dans le bon sens, mais elles constituent un début insuffisant au regard de l'ampleur du choc".
"L'enjeu est d'agir avec précision, pour soutenir celles et ceux qui sont frappés par la crise, sans davantage fragiliser nos finances publiques", ajoute la CPME.
Elle cite notamment les transporteurs, la logistique, les taxis, les voyagistes ou les services à la personne.
En France, le gouvernement a annoncé vendredi une aide d'environ 70 millions d'euros, ciblée et limitée au mois d'avril, au profit des secteurs de la pêche, de l'agriculture ou des transports.
Dans un entretien à La Tribune Dimanche, le ministre de l'Économie et des Finances Roland Lescure a indiqué que les mesures seraient examinées en fonction de la durée de la guerre.
"Nous les adapterons en fonction de l'évolution de la crise, qui demeure imprévisible dans la durée et l'intensité. Nous avons besoin d'agilité pour agir à bon escient", a-t-il indiqué.
Pour limiter les prix à la pompe, "je rappelle qu'un encadrement des marges reste toujours possible. Pour l'instant, les prix ont évidemment grimpé, mais pas davantage qu'ailleurs, avec des marges contenues", a-t-il souligné.
La CPME propose notamment d'"accorder des prêts à taux bonifié aux secteurs les plus affectés pour surmonter les tensions de trésorerie", d'"élargir les dispositifs d'activité partielle et les aides à la pompe à des filières encore exclues" et d'"allonger les durées d'échelonnement du règlement de charges sociales et fiscales, et sans pénalités".
Elle défend également "un +Plan Marshall+ de l'électrification des usages et des modes de production".
Comme vendredi le Medef, première organisation patronale, la CPME a également appelé les donneurs d'ordre publics et privés à respecter les délais de paiement.
Pour le président du Medef Patrick Martin, l'enveloppe "modeste" d'environ 70 millions d'euros débloquées par le gouvernement signale qu'"aujourd'hui, la France est en situation de fragilité. Le gouvernement est prisonnier du mauvais état des finances" publiques.
Or, "il y a un risque de propagation à toute l'industrie, au travers de la hausse des taux d'intérêt, du coût de certains sous-composants et du fret maritime, mais aussi de l'énergie de manière durable", avertit-il.