- Connaissance des Énergies avec AFP
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TotalEnergies "profite de la guerre" et fait "tout pour les actionnaires", ont estimé mercredi plusieurs responsables politiques, notamment à gauche, réagissant aux résultats en forte hausse du groupe, dopés par la flambée des prix des hydrocarbures.
Le bénéfice net trimestriel du géant pétrogazier français s'est affiché à 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d'euros), en hausse de 51% sur un an. Le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, a vanté une "capacité à capturer la hausse des prix" dans un communiqué.
"Le gouvernement nous dit que ce n'est pas possible (de bloquer les prix du carburant) car les pauvres pétroliers ne pourraient pas s'en sortir", a ironisé sur X le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard, ajoutant: "Quand va t-on arrêter de nous prendre pour des imbéciles ?"
"Total profite de la guerre pour faire exploser ses bénéfices", a dénoncé de son côté l'Insoumise et vice-présidente de l'Assemblée nationale, Clémence Guetté.
Fort de ces performances du premier trimestre, TotalEnergies a décidé de gratifier ses actionnaires en augmentant le dividende de 5,9%. C'est la "plus forte croissance de dividende parmi les majors pétrolières", a relevé le groupe.
Les socialistes ont annoncé leur intention de déposer une proposition de loi dès mercredi afin de taxer "les superprofits des profiteurs de crise, les pétroliers qui s'engraissent aujourd'hui sur le dos des Français qui payent des factures de carburant démesurées", a déclaré à la presse le député Philippe Brun.
"Il faut que cet argent revienne aux Français avec cette surtaxe de 20% sur les bénéfices exceptionnels" liés aux crises "que nous proposons" a-t-il ajouté, avant d'appeler les députés de tous bords à venir cosigner leur texte, afin qu'il puisse être inscrit à l'agenda de l'Assemblée lors d'une semaine d'examen consacrée aux initiatives transpartisanes.
Le candidat à la présidentielle François Ruffin (Debout!), ex-Insoumis, a regretté que les bénéfices ne servent pas plutôt "pour investir sur l'avenir" ou "pour sortir des énergies fossiles". "Tout pour les actionnaires", a-t-il fustigé.
"Ces grands groupes ne sont pas dans une entreprise philanthropique", a déclaré sur franceinfo le député Rassemblement national Thomas Ménagé, nuançant: "il faut que ces actionnaires touchent des dividendes, mais il ne faut pas que ces dividendes soient disproportionnés au détriment des Français".
Et d'ajouter que le RN saura "aller les chercher avec la taxation des superprofits".
Le contexte de flambée des prix des hydrocarbures, provoquée par la guerre au Moyen-Orient, a relancé le débat politique en Europe sur la taxation des superprofits pétroliers, idée à laquelle le Premier ministre français Sébastien Lecornu a dit début avril ne pas avoir "d'objection de principe".
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