- Connaissance des Énergies avec AFP
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L'ONU Commerce et Développement (Cnuced) s'est inquiétée mardi des répercussions des perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz sur des secteurs comme l'énergie et les engrais, avec un impact à craindre pour les pays en développement.
Depuis les frappes israélo-américaines lancées le 28 février en Iran, les Gardiens de la Révolution bloquent le trafic dans le détroit d'Ormuz, l'un des corridors commerciaux les plus stratégiques au monde par lequel passent un quart du pétrole et un cinquième du gaz naturel liquéfié mondiaux.
Cette situation suscite "des préoccupations quant à ses répercussions sur les marchés de l'énergie, le transport maritime et les chaînes d'approvisionnement mondiales", souligne la Cnuced dans un rapport publié mardi.
Outre le renchérissement du pétrole sur le marché mondial, l'organe onusien observe que "les taux de fret des pétroliers et les primes d'assurance pour risques de guerre augmentent fortement, tandis que les coûts du carburant maritime progressent également, renchérissant le transport".
Environ un tiers du commerce mondial d'engrais transporté par voie maritime (près de 16 millions de tonnes) transite par Ormuz, souligne encore la Cnuced, "ce qui soulève des préoccupations quant à l'accès aux engrais pour certains des pays les plus pauvres".
Ainsi, "les économies en développement pourraient être particulièrement exposées, car des niveaux d'endettement élevés et des coûts d'emprunt en hausse limitent leur capacité à absorber de nouveaux chocs de prix".
Lors d'un point presse à Genève, Jean-Martin Bauer, directeur de l'analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition au PAM (Programme alimentaire mondial), s'est aussi dit préoccupé "d'un nouveau tournant dans l'histoire des chaînes d'approvisionnement mondiales, avec des répercussions sur l'économie, la sécurité alimentaire et l'aide humanitaire".
Selon lui comme pour la Cnuced, la situation actuelle peut être comparée aux prémices de la pandémie de Covid-19 en 2020 ou au début du conflit en Ukraine en 2022.
Ces crises "ont montré comment les perturbations touchant l'énergie, le transport et les intrants agricoles peuvent rapidement se propager à travers des marchés interconnectés", a averti la Cnuced.
"Si la situation perdure, elle pourrait certainement avoir un impact sur l'inflation mondiale, en raison des répercussions sur le marché des engrais", a poursuivi M. Bauer.
Car "le flux de nombreux précurseurs (d'engrais) provenant du Golfe est stoppé" et "les prix augmentent alors même que les récoltes de 2026 sont en train d'être semées", a-t-il encore averti.