Cuba parvient tout juste à satisfaire la moitié de ses besoins en électricité

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Cuba, menacé par Donald Trump de ne plus recevoir de pétrole vénézuélien, est parvenu tout juste à satisfaire la moitié de ses besoins en électricité en 2025, selon des données compilées et analysées par l'AFP.

Montée en puissance du solaire

Ces données montrent toutefois une montée en puissance de l'électricité solaire grâce à l'installation d'une quarantaine de parcs photovoltaïques, même si elle reste encore insuffisante pour éviter les délestages. Les coupures d'électricité, qui peuvent atteindre 20 heures par jour, font partie du quotidien des Cubains.

La demande d'électricité dans le pays est en moyenne de 3 300 mégawatts (MW), mais le parc de production a enregistré un déficit moyen de 1 643 MW sur l'année 2025, selon les calculs de l'AFP à partir des informations rendues publiques par la compagnie électrique cubaine, Union electrica (UNE).

L'analyse des données montre que la tendance est la même au cours de la première quinzaine de 2026. La compagnie nationale d'électricité publie chaque jour la demande estimée en électricité, ainsi que le déficit enregistré le soir, à l'heure du pic de consommation. La différence entre les deux permet de déduire une disponibilité moyenne effective d'environ 1 670 MW, soit un peu plus de la moitié de ce dont a besoin l'île de 9,6 millions d'habitants.

En parallèle, les données officielles montrent une forte augmentation de la production d'énergie solaire en 2025. Néanmoins, en raison du faible nombre de batteries de stockage disponibles, cette énergie solaire n'est utilisée pour l'heure que lorsqu'il y a du soleil, et non pas le soir, au moment du pic de consommation.

Incertitudes sur la fourniture de pétrole

L'île communiste, soumise à un embargo des États-Unis depuis 1962, connaît depuis trois ans de fortes pénuries de carburant qui ont un impact direct sur sa production d'électricité.

Ce déficit pourrait s'aggraver après la menace de Donald Trump, qui a dit vouloir prendre le contrôle du secteur pétrolier vénézuélien, de mettre fin à tout approvisionnement de brut et d'argent à destination de Cuba. Depuis les années 2000, le Venezuela a été le principal fournisseur de pétrole à Cuba, son allié.

Outre les problèmes d'approvisionnement en carburant, le système électrique cubain repose sur huit centrales électriques vétustes, qui tombent régulièrement en panne ou sont arrêtées de longues semaines pour maintenance.

Le gouvernement estime que l'embargo américain l'empêche d'avoir les ressources nécessaires à la réparation du réseau électrique. Mais des économistes soulignent aussi un sous-investissement chronique.

Commentaires

Rochain Serge
Je ne suis jamais allé à Cuba mais il ne doit pas y avoir de grandes différences dans les iles de la mer des caraïbes... et j'y ai constaté des vents permanents, en dehors du Soleil.
Blaizot
sans soleil il n´y a pas de vent ! qui necessite des differences de temperatures pour exister
Frédéric Hausammann
Le mot-clé ici dans cet intéressant calcul, c'est "embargo". En réalité il s'agit d'un blocus, un acte de guerre selon le droit international, qui fait que, comme tout pays en état de siège, l'économie ne peut se développer. Le "sous-investissement chronique", "souligné" par "des économistes" (lesquels?) s'explique aisément quand on sait que n'importe quelle société qui commercerait avec Cuba d'une quelconque manière se verra interdite d'accès au marché étasunien, voire au système financier (Helms-Burton Act). Imaginons que la France soit privée d'importer du pétrole et de l'uranium, trouverait-on "des économistes" pour "souligner" les "sous-investissements chroniques" de l'Hexagone en sous-entendant l'incompétence de ses dirigeants? Si l'on utilise la méthode scientifique (la comparaison), il faut le faire jusqu'au bout.
Silicate
"sous investissemnt chronique " est un constat; mais vous en faites un choix moral et politique; de fait c'est aussi le cas : du temps du pétrole russe quasi gratuit, pas d'investissemnt dans les productions d'énergies; mais depuis la fin du pétrole, pas de réaction non plus : on est passé au pétrole vénézuelien ; donc le dévelopement local est bien une solution, qui n'a pas été beaucoup utilisée : tout ne dépend pas des USA...
Frédéric Hausammann
Il est vrai que la conclusion de l'article est ambigüe: "Le gouvernement estime que l'embargo américain l'empêche d'avoir les ressources nécessaires à la réparation du réseau électrique. Mais des économistes soulignent aussi un sous-investissement chronique." Votre commentaire laisse imaginer que vous adhérez à la thèse que si les Cubains avaient été moins imprévoyants, ils n'en seraient pas là (quand on veut on peut). Je prétends, pour avoir étudié la question de près, que si le commerce avec Cuba n'était pas criminalisé par les USA, ils s'en sortiraient bien mieux (quand on peut on veut). Tout ne dépend pas de Washington, certes, mais les entraves quasi-totales au commerce oui. Dédouaner les USA en ignorant la guerre permanente menée contre ce petit pays non-soumis, c'est inverser les responsabilités. C'est ce que l'article fait, en douce et sans en avoir l'air, simplement par l'ordre des deux phrases de conclusion: les Cubains accusent les USA mais "des experts" disent que les Cubains sont imprévoyants... Le dernier mot est celui qui s'imprime dans l'inconscient des lecteurs, lequel se croit neutre et objectif.

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