Des Américains face aux prix à la pompe: "ça augmente vraiment vite"

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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De la banlieue de Washington à Los Angeles, des automobilistes froncent les sourcils devant le prix de l'essence, voyant déjà apparaître les premières répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur leur quotidien.

Dans une station-service à proximité de la capitale américaine, Scott n'en revient pas: 4,19 dollars (3,60 euros) le gallon d'essence (le volume de référence aux Etats-Unis, soit 3,78 litres).

"C'est peut-être la pire station où aller" mais "c'est la première fois que je me dis: +Oulah, ça augmente vraiment vite+, parce que c'était 2,95 dollars il y a deux semaines près de chez moi", décrit le quadragénaire à l'AFP.

"C'est fou", ajoute l'homme qui travaille pour une petite entreprise d'importation de nourriture et n'ose pas faire de parallèles avec la guerre au Moyen-Orient.

"Quel que soit le président, ça monte, ça descend, ça n'a jamais aucun sens pour moi", conclut Scott, avant de repartir au volant de sa camionnette.

Depuis le début du conflit le 28 février, les cours du pétrole se sont envolés de près de 30%, atteignant des niveaux plus vus depuis 2023.

Aux Etats-Unis, les prix à la pompe ont augmenté de 34 centimes en moyenne en une semaine à 3,32 dollars le gallon (+11%), selon l'association automobile américaine (AAA), qui tient des statistiques de référence.

"Ca va encore augmenter (...) à cause de Donald Trump!" lance un chauffeur privé depuis une autre station-service de la banlieue de Washington, moins chère.

Le caissier assure auprès de l'AFP que le prix n'a pas changé depuis deux mois. Mais "peut-être" que cela évoluera avec la guerre, reconnaît-il.

- "Rester à la maison" -

Elizabeth (les personnes citées uniquement par leur prénom n'ont pas souhaité donner leur nom de famille) n'a pas regardé le tarif avant de s'engouffrer dans la station.

Son réservoir était quasiment vide.

Elle réside à Baltimore, à une soixantaine de kilomètres, et explique avoir changé de travail "il y a quelques années pour réduire (s)es temps de trajet", et donc ses dépenses en carburant.

"J'ai de la chance, il y a des transports publics dans ma ville, au cas où les prix deviennent dingues", ajoute-t-elle après avoir payé 53 dollars d'essence (environ 45 euros).

Dans Washington, Sean Robinson fait le plein de son SUV.

Il explique que les prix de l'essence façonnent son quotidien: s'autorise-t-il à aller au restaurant ou à sortir le week-end?

Quand ça augmente, l'enseignant a tendance à "rester à la maison plutôt que de cramer du carburant".

"Les gens vont grogner" en voyant les prix, pressent-il, espérant que cela aura une influence sur leur vote au moment des élections de mi-mandat, à l'automne.

A des milliers de kilomètres de là, sur la côte ouest, la Californie est déjà réputée pour son essence chère.

Les prix "sont encore plus élevés, ça craint", constate Lucas Tamaren, un musicien de 32 ans, interrogé par l'AFP. "Mais qu'est-ce qu'on peut y faire?".

"Cela a évidemment un rapport avec ce qui se passe dans le détroit d'Ormuz et cette guerre menée par Israël et les États-Unis contre l'Iran, sans raison valable", déplore Martin James, un professeur d'université.

Mais, pour lui, les compagnies pétrolières s'en servent aussi de "prétexte" pour augmenter les prix et "engranger des milliards de bénéfices".

Pour amortir le choc, il a déjà commencé à changer ses habitudes: il ne fait "que des trajets nécessaires" et paie désormais en liquide, comme les transactions par carte de crédit sont frappées d'un petit supplément.

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