- Connaissance des Énergies avec AFP
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La crise actuelle est un "choc pétrolier" qui provoque des hausses "inévitables" des prix des billets, ainsi que des annulations de vols, a déclaré dans la Tribune mardi le président de la Fnam et PDG de Corsair Pascal de Izaguirre.
Risque d'une pénurie de kérosène
"Les hausses des prix des billets se généralisent et elles sont inévitables", a affirmé le président de la Fédération nationale de l'aviation, porte-parole des compagnies aériennes en France, et PDG de Corsair.
Dans son interview au quotidien économique, il a pointé du doigt l'augmentation du prix du kérosène, l'allongement des temps de vol, ainsi que la suspension pour certaines compagnies de destinations dans des pays interdits de survol.
M. Izaguirre a également souligné le risque d'une pénurie de kérosène qui "pourrait se tendre dans les prochaines semaines". "On peut s'attendre à de nouvelles hausses de tarifs dans les prochains mois, si la situation perdurait", a-t-il ajouté, précisant qu'aucun "réajustement rétroactif" des tarifs n'était possible.
Le prix de la tonne de carburant est passé de 750 dollars avant le conflit, à 1 900 dollars début avril, selon le président de la Fnam. "La part du carburant dans les coûts d'exploitation des compagnies aériennes est ainsi passée de 25 à 45 %".
Interdiction de survol de certains pays
Le prix du pétrole a fortement augmenté depuis que les frappes américano-israéliennes contre l'Iran ont déclenché la guerre au Moyen-Orient fin février, poussant Téhéran à réagir en fermant quasi-complètement le détroit d'Ormuz, artère cruciale pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures.
Ces hausses de prix du kérosène provoqueront, selon le président de la Fnam des annulations de vol. "Aujourd'hui, si une compagnie aérienne constate qu'un vol dans un futur assez proche aura un coefficient de remplissage trop faible, et qu'il risque d'être lourdement déficitaire, alors elle peut préférer l'annuler."
Une autre raison de l'augmentation des coûts des compagnies est l'interdiction de survol de certains pays à cause de la guerre. L'allongement des temps de vol lié à ces contournements provoque mécaniquement une hausse de la consommation de kérosène.
Le PDG a également souligné l'écart d'évolution entre le pétrole brut et le kérosène, lié à un phénomène de spéculation et à de potentiels abus, selon lui. "Nous avons alerté le gouvernement à ce sujet afin de faire la transparence sur la situation", a-t-il déclaré.
Concernant l'impact sur les réservations, M. de Izaguirre est un peu plus circonspect: l'impact est déjà "fort pour les secteurs du tourisme" mais "très variable" pour les compagnies aériennes, certaines compagnies bénéficiant "d'un effet de report favorable aux destinations qu'elles desservent".