Désarmement nucléaire: Trump réclame un traité "modernisé" avec la Russie

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Donald Trump a réclamé jeudi un "nouveau traité amélioré et modernisé" avec la Russie, après l'expiration du dernier traité bilatéral de désarmement nucléaire entre les deux pays qui fait craindre une nouvelle course aux armements.

"Plutôt que de prolonger le traité +NEW START+ (...) nous devrions demander à nos experts nucléaires de travailler sur un nouveau traité amélioré et modernisé qui puisse durer dans l'avenir", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social.

Il a relevé que l'actuel traité, qui a pris fin jeudi, avait été "mal négocié (sous Barack Obama, NDLR) par les Etats-Unis et grossièrement violé".

Interrogée pour savoir si Washington et Moscou avaient convenu de respecter les termes du traité pendant que d'éventuelles négociations s'ouvrent, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a répondu: "Pas à ma connaissance".

Le dirigeant républicain a le plus souvent plaidé pour le contrôle des armements nucléaires mais, jusqu'à présent, n'avait pas commenté l'expiration du traité New Start.

Les Etats-Unis souhaitent de longue date associer la la Chine à toute future discussion, mais Pékin l'a exclu.

"Les capacités nucléaires de la Chine sont à une échelle totalement différente de celles des Etats-Unis et de la Russie, et (elle) ne participera pas à des négociations (...) à ce stade", a déclaré un porte-parole des Affaires étrangères, Lin Jian.

A eux deux, la Russie et les Etats-Unis concentrent 80% des ogives nucléaires mondiales, mais la Chine rattrape son retard à marche forcée.

Un responsable de l'Otan a, sous couvert de l'anonymat, appelé à la "retenue et à la responsabilité" sur ce dossier, mais il a accusé la Russie d'avoir "une posture d'intimidation stratégique" en la matière.

En septembre 2025, le président russe, Vladimir Poutine, avait proposé à Washington de prolonger d'un an les termes du traité, une proposition qualifiée alors de "bonne idée" par Donald Trump, qui n'a cependant pas donné suite.

- Inconnue stratégique -

Malgré l'impasse sur le traité, Donald Trump a repris langue avec la Russie allant jusqu'à inviter le président Poutine en Alaska en août dernier.

Et les Etats-Unis ont annoncé jeudi qu'ils reprenaient le dialogue militaire avec la Russie après des pourparlers tripartites à Abou Dhabi sur la guerre en Ukraine.

La fin du traité plonge le monde dans une forme d'inconnue stratégique, qui fait craindre, notamment à des survivants japonais des bombes de 1945, que le monde ne se dirige vers une guerre apocalyptique.

"J'ai le sentiment que dans un avenir pas si lointain, nous aurons réellement une guerre nucléaire et nous irons vers la destruction", a déclaré Terumi Tanaka, coprésident de l'organisation Nihon Hidankyo, qui regroupe des survivants de Hiroshima et Nagasaki en août 1945.

L'expiration du traité "marque un moment grave pour la paix et la sécurité internationales", a affirmé de son côté le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, exhortant Etats-Unis et Russie à "s'entendre" rapidement sur un nouveau cadre.

Il a estimé que "le risque d'utilisation d'une arme nucléaire est à son plus haut niveau depuis des décennies".

Le traité est le dernier accord de maîtrise des armements liant Washington et Moscou. Signé en 2010, il limitait chaque partie à 800 lanceurs et bombardiers lourds et 1.550 ogives stratégiques offensives déployées, avec un mécanisme de vérification.

Mais il était déjà dans les limbes depuis que les inspections ont été suspendues en 2023, après l'offensive russe en Ukraine lancée l'année précédente.

- "Manière responsable" -

Dès mercredi, la Russie avait déclaré n'être "plus liée" par ce traité. Lors d'une conversation avec son homologue chinois, Xi Jinping, Vladimir Poutine a promis que son pays allait agir "de manière réfléchie et responsable", selon le conseiller diplomatique du président russe, Iouri Ouchakov.

"La validité de l'accord se termine. Nous considérons cela comme négatif", a insisté jeudi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

Le pape Léon XIV, autorité s'exprimant rarement sur le nucléaire et ses traités, a pour sa part appelé mercredi à "prévenir une nouvelle course aux armements".

Quant aux capitales européennes, elles faisaient porter la responsabilité de l'échec sur Moscou. La France, seule puissance nucléaire de l'UE, a appelé les puissances à oeuvrer pour un système international de maîtrise des armements.

L'ICAN (Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires), prix Nobel de la paix, a de son côté exhorté Russes et Américains à s'engager à respecter le traité "pendant la négociation d'un nouveau cadre".

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