L'Iran met en garde contre "toute action" pouvant étendre la guerre

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Sous les bombes d'Israël et des Etats-Unis depuis deux semaines, Téhéran a exhorté dimanche les autres nations du monde à s'abstenir de "toute action" pouvant étendre la guerre, le jour même où une base italo-américaine a été visée.

L'armée israélienne a prévenu dimanche soir avoir encore "des milliers de cibles" à frapper en Iran. "Le régime est affaibli et nous allons l'affaiblir encore plus", a assuré devant la presse le porte-parole de l'armée Effie Defrin.

La guerre embrase la région et fait flamber les cours du pétrole. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire un cinquième de la production mondiale de pétrole, est bloqué quasi totalement par Téhéran.

Cette paralysie est une "souffrance passagère", a assuré le ministre américain de l'Energie Chris Wright, estimant que la guerre s'achèverait "dans les prochaines semaines".

Donald Trump a appelé à la rescousse d'autres pays pour sécuriser le détroit, citant notamment la France comme potentiel partenaire, mais aussi la Chine, le Japon, le Royaume-Uni ou la Corée du Sud.

- "Eventail d'options" -

Au cours d'un appel avec son homologue français Jean-Noël Barrot, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a appelé à la retenue.

Les autres pays doivent "s'abstenir de toute action pouvant mener à une escalade et à une extension du conflit", a-t-il souligné, selon son ministère.

Aucun Etat n'a pour l'heure annoncé se joindre à Washington, qui veut envoyer la marine pour escorter des pétroliers.

Londres discute avec ses alliés "d'un éventail d'options" afin de sécuriser le transport maritime, mais juge que l'heure est surtout à une "désescalade".

A travers la région, la guerre a fait plus de 2.000 morts, en majorité en Iran et au Liban, selon des données des autorités locales.

- "Aucune raison" -

Israël avait attaqué l'Iran en juin 2025, menant à une guerre de 12 jours à laquelle s'étaient joints les Etats-Unis. Des négociations sur le nucléaire iranien, au coeur du différend, étaient à l'époque en cours entre Washington et Téhéran.

"Nous ne voyons aucune raison de négocier avec les Américains", a commenté dimanche Abbas Araghchi à la chaîne américaine CBS. Plus tôt, le président Trump avait assuré que Téhéran voulait un accord, mais que lui n'était pas prêt à le conclure, ses termes n'étant "pas encore assez bons".

En représailles aux frappes israélo-américaines lancées le 28 février, Téhéran continue à viser le Golfe qui abrite des intérêts économiques et militaires des Etats-Unis.

Une base italo-américaine a ainsi été visée par une attaque de drone au Koweït, d'après l'armée italienne. "Nous ne sommes en guerre avec personne", a insisté le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani.

M. Araghchi a justifié ces attaques par "les nombreuses preuves" - des images satellites et des "opérations de surveillance électronique" - qui montrent que les bases américaines sont utilisées pour cibler son pays.

D'après lui, des missiles ont été tirés depuis les Emirats arabes unis pour attaquer l'île de Kharg, qui abrite le principal hub d'exportation d'or noir de l'Iran.

Washington a dit y avoir frappé des cibles militaires et Donald Trump a menacé de s'en prendre aux sites pétroliers.

En réponse, Téhéran a promis de "réduire en cendres" les infrastructures pétrolières liées aux Etats-Unis dans la région, mais aussi des entreprises américaines.

Cinq personnes ont en outre été blessées dimanche dans des tirs de roquettes ayant visé l'aéroport international de Bagdad, qui abrite aussi un centre diplomatique américain au sein d'un vaste complexe militaire, ont annoncé les services de sécurité irakiens.

- Achats militaires d'"urgence" -

Conséquence des hostilités: le prix du baril de Brent, la référence mondiale du brut, a augmenté de plus d'un tiers depuis le début de la guerre.

Pour amortir la flambée, du pétrole issu des réserves stratégiques (400 millions de barils) devrait être débloqué immédiatement en Asie et en Océanie et dès fin mars en Amérique et en Europe par les pays de l'Agence internationale de l'énergie, a précisé l'organisation.

Il s'agira du plus important déblocage de stocks stratégiques de l'histoire de l'institution, créée il y a plus de 50 ans.

Économiquement, l'opération militaire est un gouffre pour Washington. La première semaine de guerre lui a coûté plus de 11 milliards de dollars, d'après la presse américaine.

Côté israélien, le gouvernement a approuvé une enveloppe de 827 millions de dollars pour des achats militaires d'"urgence", selon la presse locale.

Les deux pays assurent avoir fortement affaibli la République islamique dans leur opération visant à détruire ses programmes balistique et nucléaire, voire faire tomber le pouvoir.

Mais Téhéran continue de viser le sol israélien et a déclaré dimanche avoir ciblé une importante unité de police et un centre de communications par satellite.

Huit personnes ont été légèrement blessées dimanche dans le centre d'Israël après des tirs de missiles iraniens, selon les secours, lors d'une journée marquée par des alertes à répétition.

En Iran, des habitants déblaient les décombres au milieu d'immeubles dévastés à Téhéran.

Dans la capitale iranienne, la vie reprend doucement son cours: des cafés et restaurants, encore fermés ces derniers jours, ont rouvert, selon des journalistes de l'AFP.

A Tonekabon, ville septentrionale sur la mer Caspienne, les commerces sont très fréquentés et seule la place principale est fermée, a rapporté à l'AFP Ali, un habitant de 49 ans.

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