Droujba, un oléoduc stratégique pour la Slovaquie et la Hongrie

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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L'oléoduc Droujba, par lequel du pétrole russe a recommencé à être livré jeudi vers la Hongrie et la Slovaquie après plusieurs mois d'interruption, est une infrastructure stratégique pour les deux pays, qui attendaient avec impatience sa réouverture.

Cet oléoduc, dont le nom signifie "Amitié" en russe, est le plus grand du monde et s'étire sur près de 5.500 kilomètres.

Il était hors service depuis qu'un tronçon situé dans l'ouest de l'Ukraine avait été endommagé par une frappe russe en janvier.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban (battu aux législatives du 12 avril) accusait Kiev de traîner les pieds pour le réparer et bloquait en représailles un prêt de l'Union européenne de 90 milliards d'euros vers l'Ukraine.

La Slovaquie menaçait quant à elle d'empêcher l'adoption par Bruxelles du prochain train de sanctions prises contre la Russie.

Autrefois important, l'oléoduc Droujba a de perdu de sa superbe depuis le début de la guerre en Ukraine: les livraisons de pétrole russe via ce pipeline vers les Etats membres sont passées d'environ 750.000 à 200.000 barils par jour avec l'embargo de l'UE sur l'or noir de Moscou, la Hongrie et la Slovaquie étant les seuls pays à bénéficier d'une exemption.

Ces deux pays importent habituellement environ 100.000 barils de brut russe par jour, chacun via Droujba --qui fournit aussi le Bélarus à hauteur d'environ 300.000 barils par jour--, selon des estimations des analystes de DNB Carnegie.

Ce volume reste faible par rapport aux barils perdus avec la paralysie du détroit d'Ormuz et n'influence pas les cours du pétrole. Il représente toutefois la quasi-totalité des importations de brut de la Hongrie et de la Slovaquie, qui en sont presque entièrement dépendantes.

Héritage de l'époque soviétique, le Droujba prend sa source en Sibérie occidentale, plus grande région productrice de pétrole en Russie, et la relie à de nombreux pays de l'est de l'Europe (Pologne, Allemagne, République Tchèque, Hongrie, etc.).

Par ailleurs, environ 40.000 barils par jour en provenance du Kazakhstan y transitent vers l'Allemagne, indiquait DNB Carnegie fin 2025.

Mais Berlin a annoncé mercredi que la Russie allait cesser au 1er mai de livrer du pétrole kazakh.

Cela "affecterait particulièrement la raffinerie de Schwedt, qui produit des dérivés pétroliers tels que l'essence, le diesel et le kérosène pour la grande région de Berlin", affirme Carsten Fritsch de Commerzbank.

"Jusqu'à présent, les livraisons de pétrole en provenance du Kazakhstan ont représenté 17% de la capacité annuelle de traitement de la raffinerie", précise-t-il. Mais cela pourrait s'avérer problématique car la crise énergétique causée par la guerre au Moyen-Orient rendra la compensation de ces volumes très difficile.

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