- Connaissance des Énergies avec AFP
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EDF a annoncé ce 16 mars avoir finalisé la vente de sa centrale électrique à cycle combiné gaz de Norte Fluminense, au Brésil, au groupe Âmbar Energia. Le groupe français valorise l’opération à 1,4 milliard de réais brésiliens, soit environ 230 millions d’euros, et souligne avoir exploité cet actif de 827 MW pendant vingt ans avec un "haut niveau de disponibilité".
Un actif historique d’EDF au Brésil
En service puis 2004, la centrale de Norte Fluminense n’était pas une installation périphérique dans le portefeuille brésilien d’EDF. Sur ses sites consacrés au pays, le groupe présentait encore récemment cette centrale de Macaé, dans l’État de Rio de Janeiro, comme l’un de ses principaux actifs locaux. Au cours de référence publié par la Banque centrale européenne le 11 mars 2026, les 1,4 milliard de réais annoncés par EDF correspondent à environ 234 millions d’euros.
Pour Âmbar, qui avait officialisé l’accord de rachat en décembre 2025, cet ensemble compte parmi les centrales thermiques les plus performantes du pays et bénéficie d’une implantation jugée stratégique pour le système électrique brésilien.
EDF ne se retire ainsi pas d’un actif secondaire. La région de Macaé est proche du bassin de Campos, un centre important de production d’hydrocarbures offshore, et reste bien placée par rapport aux grands centres de consommation du sud-est brésilien. Quelques mois avant la cession, en novembre 2025, EDF power solutions y inaugurait encore sa première unité pilote d’hydrogène au Brésil. Le projet devait alimenter certains usages industriels de la centrale, notamment pour le refroidissement des générateurs.
Pourquoi cette vente compte dans la trajectoire d’EDF
Dans ses comptes consolidés 2025, publiés fin février 2026, EDF indiquait déjà qu’un accord de vente avait été signé le 10 décembre 2025 avec Âmbar Energia et précisait que la conclusion de l’opération était attendue au premier semestre 2026. Cette cession fait écho à la nouvelle discipline financière revendiquée par la direction. Lors de la présentation des résultats semestriels 2025, Bernard Fontana a fixé un objectif de réduction d’un milliard d’euros des frais généraux d’ici à 2030, en y associant une plus grande sélectivité des investissements et une gestion plus active de certains portefeuilles d’actifs.
Le contexte français explique largement cette prudence. EDF est en première ligne sur le programme EPR2 : le groupe a évalué en décembre 2025 à 72,8 milliards d’euros le coût prévisionnel de six nouveaux réacteurs sur les sites de Penly, Gravelines et Bugey. Sur le calendrier actuellement affiché, la première mise en service est visée pour 2038 à Penly.
Avant cette vente, EDF power solutions indiquait disposer au Brésil de 2,7 GW de capacités installées dans le gaz, l’hydroélectricité, l’éolien et le solaire, tout en avançant aussi dans les infrastructures de transport d’électricité. La cession de Norte Fluminense ne ferme donc pas la présence industrielle du groupe français dans le pays, mais elle en redessine le périmètre, avec un centre de gravité appelé à se déplacer davantage vers les activités jugées moins consommatrices de capital.