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Mobilisation des salariés de la filière gaz contre la réglementation RE 2020

  • AFP
  • parue le

Les salariés de la filière gaz sont appelés jeudi à la mobilisation par l'interfédérale (CGT, CFE-CGC, CFDT, FO) contre la réglementation "RE 2020", qui doit entrer en vigueur à l'été et signe pour les syndicats la "mise à mort" du gaz en France.

Annoncée en novembre dernier, la réglementation RE 2020 doit permettre une baisse de 30% de la consommation au quotidien, ainsi qu'une baisse des émissions dans la construction de 30 à 40% d'ici à 2030, un objectif qui doit passer par l'interdiction du gaz dans les bâtiments neufs d'ici 2024.

Les fédérations syndicales du secteur énergétique, qui ont alerté dans un communiqué sur "un danger pour les réseaux gaziers et les emplois" augurant de la "mise à mort" du gaz en France, "appellent tous les salariés gaziers à s'opposer à ce texte".

"C'est totalement ubuesque", juge José Belo, coordinateur CFDT du groupe Engie. "On ne peut pas parler de transition énergétique quand on décide de la mise à mort de toute une filière". "Il faut laisser sa place au gaz dans la transition énergétique", abonde Hamid Ait Ghezala, coordinateur CFE-CGC chez Engie, pour qui le gaz "est une énergie qui est en train de se verdir avec le biométhane et le biogaz". "Sans les gaz, on n'arriverait pas à passer les pics énergétiques", alerte Thierry Zehnder, coordinateur des luttes à la fédération CGT Energies.

La CGT appelle d'ailleurs à la mobilisation dans tout le secteur de l'énergie, dès jeudi et au moins jusqu'à mardi, jour où l'interfédérale appelle à une grève chez EDF contre le très contesté projet Hercule. "Pour nous, ce sont des énergies complémentaires donc c'est normal de se mobiliser ensemble", explique Thierry Zehnder.

C'est la quatrième journée de mobilisation dans le gaz après les journées du 26 novembre, du 10 et du 17 décembre, où tout le secteur de l'énergie était appelé à la grève, déjà à l'initiative de l'interfédérale.

Le patron d'Engie, Jean-Pierre Clamadieu, s'est lui-même positionné contre l'interdiction du gaz dans le BTP que devrait acter RE 2020. "L'électrification est un vecteur important de la décarbonation de notre économie mais ça ne peut pas être le seul. Le modèle du tout-électrique est voué à l'échec", avait-il dit en décembre dans Le Monde.

L'appel à la grève de jeudi "sera probablement suivi d'une journée de mobilisation le 26 janvier", prévient déjà José Belo.

Commentaires

Larderet

Avec la politique électrique insensée fondée sur les ENR intermittentes et non pilotables en France et en Europe, le gaz a de beaux jours devant lui pour fournir le complément nécessaire même s’il perd quelques parts de marché dans le résidentiel.

dédé 29

oui c'est bien vrai et l' on sera obligé d 'installer des turbines à gaz . Alors l'interdiction totale du gaz dans le neuf ,est-ce bien rationnel ? d'autant que nos voisins vont remplacer leur charbon par du gaz . Ce sera dur à accepter .

Christian Méda…

D'un point de vue strictement énergétique, non politique, non syndical, non écologique : ce n'est pas le gaz qui devrait être interdit dans les bâtiments neufs en 2024, ce sont les chauffages électriques individuels (ou grille-pain).
Brûler du gaz en centrale en hiver pour produire 35% d'électricité, qui arrivés ne font plus que 31% pour être consommé en résistif est une aberration.
Par ailleurs, à un moment ou le groupe EdF menace de coupures, pour des raisons de température car ils découvrent qu'il fait froid en hiver, alors que le gaz est stockable et disponible au gré des besoins en hiver, tout mettre sur l'électricité est une autre aberration.

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