Engie acte la fin du nucléaire belge et veut sortir du charbon d'ici 2027 au niveau mondial

  • AFP
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Après avoir vendu sa part dans Suez, Engie s'est attaqué vendredi à deux autres gros dossiers en annonçant la sortie du charbon d'ici 2027 et en actant la fin du nucléaire en Belgique, au prix d'une lourde dépréciation qui a plongé ses résultats dans le rouge.

Pour les premiers résultats annuels présentés par la nouvelle directrice générale Catherine MacGregor, le géant de l'énergie a annoncé une perte nette de 1,5 milliard en 2020, contre un bénéfice de 1 milliard en 2019.

Les résultats, également affectés par la pandémie de Covid-19, ont été plombés par une dépréciation de 2,9 milliards d'euros sur les centrales nucléaires en Belgique. Engie y exploite sept réacteurs nucléaires via sa filiale locale, Electrabel. Le royaume a prévu de sortir du nucléaire à l'horizon 2025 mais Engie jugeait possible de prolonger la vie de deux réacteurs pour 10 ou 20 ans.

"Il a été décidé d'arrêter tous les travaux de préparation qui permettraient de prolonger de 20 ans deux unités au-delà de 2025 car il semble peu probable que cette prolongation puisse avoir lieu", estime désormais Engie.

Sortie du charbon

Le groupe, qui se présente volontiers comme un champion de la transition énergétique, s'est aussi engagé vendredi à sortir du charbon, très polluant et émetteur de carbone, en Europe d'ici 2025 et dans le monde d'ici 2027. Cela "y compris la production d'énergie à base de charbon pour les réseaux urbains de chaud et de froid".

"Notre priorité pour ces actifs est de trouver des solutions de conversion, avec en tête que quand on les convertit, que ce soit avec des solutions gaz ou de biomasse raisonnée, l'impact carbone est positif", a indiqué à des journalistes Catherine MacGregor qui a pris ses fonctions en début d'année.

Des actifs pourront aussi être fermés et dans certains cas spécifiques cédés, a-t-elle précisé. Il reste aujourd'hui à Engie 4 gigawatts (GW) d'actifs au charbon sur un portefeuille total de production d'électricité centralisée de 101 GW. Les Amis de la Terre et Reclaim Finance ont dénoncé "une non-annonce, qui évite soigneusement de répondre à la véritable question de l'avenir des actifs". Les ONG "appellent Engie à s'engager explicitement à assurer la fermeture de ses centrales à charbon".

Mue en cours

Soucieux de se recentrer notamment dans les infrastructures énergétiques et les renouvelables mais aussi de clarifier son profil, Engie avait aussi vendu l'an dernier 29,9% du groupe d'eau et de déchets Suez à Veolia pour 3,4 milliards d'euros. Pour poursuivre sa mue, Engie souhaite encore faire sortir de son giron une partie de ses activités de services, sur un périmètre représentant environ deux tiers de leur chiffre d'affaires.

"Le groupe déterminera au cours du second semestre 2021 les prochaines étapes et étudiera les futures options de détention de la nouvelle entité potentielle", indique l'entreprise. Le direction a prévu de présenter un nouveau "point stratégique" le 18 mai. Pour 2021, Engie prévoit une performance financière qui "devrait s'améliorer significativement" dans l'hypothèse d'absence de nouvelle mesure de confinement majeur et d'un assouplissement progressif des mesures de restriction au cours de 2021.

Le groupe prévoit ainsi un résultat net récurrent part du groupe compris entre 2,3 à 2,5 milliards d'euros, après 1,7 milliard l'an dernier. À la Bourse de Paris, l'action Engie reculait de 1,43% à 12,425 euros vers 10h50, dans un marché en baisse de 0,45%.

Commentaires

Serge Rochain

Un pas décisif dans la bonne direction

Goldorak

Je trouve ça un peu rapide comme arrêt. le pays sera totalement dépendant de ses voisins
En ce moment, 50% de l'electricité Belge est nucléaire .(et il y avait du soleil)
Si leur solution c'est de remplacer par du Gaz, je pense qu'il n'ont pas compris l'urgence.

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