Engrais: la plus grande usine d'Europe d'"ammoniac vert" en projet au Danemark

  • AFP
  • parue le

Le plus grand projet d'Europe de production d'"ammoniac vert", destiné à produire des engrais et des carburants décarbonés avec de l'électricité éolienne, a été annoncé mardi au Danemark.

Le projet, qui doit être situé à Esbjerg sur la côte ouest du pays scandinave, vise à réduire drastiquement les émissions du secteur des engrais, une importante source de CO2 dans le monde.

Le site "convertira de l'électricité venant d'éoliennes en mer en ammoniac vert, qui sera utilisé dans le secteur agricole comme engrais verts et dans le transport maritime comme un carburant neutre en CO2", indique dans un communiqué le consortium à l'origine du projet, mené par le fonds d'infrastructure Copenhagen Infrastructure Partners (CIP).

L'ammoniac (ou ammoniaque dans sa version liquide) est un des engrais les plus communs dans l'agriculture moderne, mais il est actuellement produit massivement avec des hydrocarbures, le plus souvent du gaz naturel, source d'émissions de CO2.

A lui seul, il représente actuellement 1,4% des émissions mondiales, rappelle CIP.

La technologie alternative employée ici utilise l'électricité d'origine éolienne pour - par électrolyse d'une puissance totale de 1 gigawatt - extraire de l'hydrogène de l'eau afin de le combiner avec l'azote de l'air pour produire de l'ammoniac sans émettre de CO2.

"Au final, cela doit permettre de réduire les émissions de CO2 de 1,5 million de tonnes par an, soit l'équivalent de retirer 730.000 voitures de la circulation de façon permanente", explique le consortium.

Ce dernier comprend plusieurs poids lourds de l'agroalimentaire danois, comme Arla (produits laitiers), Danish Crown (charcuterie) ou encore le fournisseur agricole DLG.

Mais le projet est également soutenu par deux grandes compagnies maritimes du pays, le géant du fret Maersk et le spécialiste des ferries DFDS.

Si l'ammoniac peut servir directement d'engrais ou comme source plus commode de stockage de l'hydrogène, il peut aussi être utilisé directement comme combustible n'émettant pas de CO2 et est à ce titre envisagé dans la propulsion de navires ou encore pour alimenter des installations industrielles.

CIP ambitionne désormais de renforcer la collaboration autour du projet "pour passer le site du stade de plan à celui de chantier", sans donner de date de mise en service.

Le norvégien Yara, un des principaux producteurs d'engrais minéraux dans le monde, avait également annoncé début février vouloir développer sa production d'ammoniac vert, en utilisant de l'hydroélectricité abondante en Norvège.

Commentaires

Pierre-Ernest

L'électricité éolienne ne peut être considérée comme "verte" que si son backup est lui-même "vert" c'est à dire ne produit pas de CO2. L'éolien danois sera "vert" si son backup est norvégien (hydraulique), mais pas si son backup est allemand.

Marc Diedisheim

Pour le moment, le "backup" danois est danois, et très carboné... Bien cordialement.

Eric

Pour le coup ce n'est vrai que si l'usine n'ajuste pas la production d'ammoniac à la production d'électricité éolienne. Il est possible d'asservir la production d'ammoniac à l'énergie mise à disposition par les éoliennes : quand il y a du vent, il y a production d'ammoniac, et lorsqu'il n'y en a pas, l'usine est en stand by.

Par contre ce que vous dites est juste si l'usine est prévue de fonctionner à plein régime, quelle que soit l'apport en énergie éolienne.

Il y a derrière une question d'amortissement du coût financier de l'usine... Et c'est bien dans ce type de situations qu'on se rend compte du coût supplémentaire de la discontinuité de la disponibilité de l'énergie ... Il est certainement préférable d'adosser l'usine à des champs offshore.

Eric

Pour le coup ce n'est vrai que si l'usine n'ajuste pas la production d'ammoniac à la production d'électricité éolienne. Il est possible d'asservir la production d'ammoniac à l'énergie mise à disposition par les éoliennes : quand il y a du vent, il y a production d'ammoniac, et lorsqu'il n'y en a pas, l'usine est en stand by.

Par contre ce que vous dites est juste si l'usine est prévue de fonctionner à plein régime, quelle que soit l'apport en énergie éolienne.

Il y a derrière une question d'amortissement du coût financier de l'usine... Et c'est bien dans ce type de situations qu'on se rend compte du coût supplémentaire de la discontinuité de la disponibilité de l'énergie ... Il est certainement préférable d'adosser l'usine à des champs offshore.

Pierre-Ernest
Eric

Il existe un projet du même type d'une dimension beaucoup plus impressionnante en Australie (26 GW)

https://asianrehub.com/

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