- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le ministre espagnol de l'Economie Carlos Cuerpo a annoncé jeudi préparer un ensemble de mesures fiscales visant à limiter l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur les prix nationaux de l'électricité et des carburants, dans l'une des économies les plus dynamiques d'Europe.
Les hostilités lancées par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran depuis le 28 février font craindre l'envolée des prix dans le monde entier, notamment en raison de la hausse du coût des hydrocarbures entraînée par la fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transite une grande partie des exportations de pétrole et de gaz des pays du Golfe.
En Espagne, les prix des carburants à la pompe ont déjà nettement augmenté en moins de deux semaines, avec une hausse atteignant plus de 25% pour le gazole, d'après des chiffres officiels.
Jeudi, le ministre de l'Economie Carlos Cuerpo a indiqué que la réponse de l'exécutif pour protéger le pouvoir d'achat de la population se ferait "essentiellement sous forme de mesures fiscales", calquées principalement sur celles mises en place en 2022 pour contrer la hausse des prix consécutive à l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine.
"Il y a un assez large consensus quant à l'effet positif de modération des prix (...) que (ces mesures) ont eu", a-t-il argumenté à l'issue d'une réunion avec des représentants des syndicats et du patronat.
Le ministre a précisé qu'une aide "spécifique" serait mise en place pour les secteurs de l'agriculture et des transports, déjà durement touchés par l'envolée des prix à la pompe en Espagne.
"La priorité est de nous concentrer sur la finalisation du texte dès que possible dans les prochains jours, afin qu'il soit prêt pour son approbation", a-t-il poursuivi.
Carlos Cuerpo a toutefois voulu faire passer "un message rassurant", estimant que le pays était "encore loin de la situation qui s'est produite en 2022", quand l'inflation avait dépassé les 10% en Espagne.
Le ministre a attribué la résilience de l'Espagne à "la diversification" de son approvisionnement en énergie, notamment son "pari résolu" sur les renouvelables, qui représentent 56% du mixte énergétique national, selon les derniers chiffres officiels disponibles.
Ses importations de pétrole viennent, elles, principalement des Amériques et d'Afrique, loin du Moyen-Orient touché par la guerre et les perturbations de transport.