- Connaissance des Énergies avec AFP
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Hausse du prix de l'énergie, raréfaction de certains composés clés comme l'hélium: les industriels français de la chimie s'inquiètent de l'émergence possible d'"effets en cascade" dans la continuité de la guerre au Moyen-Orient, selon leur fédération mercredi.
"L'impact du conflit au Moyen-Orient est d'ores et déjà observé sur les coûts de production, au travers des hausses de prix des matières premières, de l'énergie et du transport", observe France Chimie dans une note de situation datée de vendredi et rendue publique mercredi.
Elle avertit que "des effets en cascade pourraient émerger", avec des "risques de pénurie pour la chimie européenne".
L'organisation d'industriels cite en premier lieu l'hélium, non produit en Europe et dont "1/3 de la production mondiale se situe au Qatar", dans un site qui a été ciblé par l'Iran.
"Les autres producteurs sont américains ou russes", indique France Chimie, précisant que "des discussions sont en cours au niveau mondial pour réserver les volumes d'hélium aux activités stratégiques.
Le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné faisait lundi de cette molécule "vitale pour les bateaux" un exemple des "dommages" économiques qu'engendrerait un blocage durable du détroit d'Ormuz.
"Il y a urgence à rouvrir le détroit, sans quoi les conséquences ne seront pas uniquement des prix de l'énergie élevés, mais également des dommages par exemple sur les chaînes d'approvisionnement", expliquait-il lors de la grande conférence sur l'énergie CERAWeek.
Parmi les autres produits problématiques cités par France Chimie, le souffre, qui sert notamment à fabriquer des engrais et dont les prix augmentent, mais sans inquiétude à date sur les volumes de production.
Elle pointe aussi le brome, un désinfectant, et le méthanol, un alcool, produits de manière importante dans la région prise dans le conflit.
Les hausses des prix du gaz et du pétrole ont également des conséquences pour certaines productions industrielles, note France Chimie.
"Le gaz peut représenter jusqu'à 80% du coût variable pour les activités gazo-intensives", explique-t-elle, citant le nylon ou l'ammoniac.
Quant au pétrole, il tire à la hausse les prix du naphta et de l'éthylène, "principaux intrants des vapocraqueurs, à l'amont de tous les polymères" qui servent notamment à fabriquer le plastique.
"Des difficultés d'approvisionnement de certaines matières premières d'origine asiatique pourraient émerger" si les sites de fabrication déclarent des cas de force majeure.
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