Guerre au Moyen-Orient: les conséquences économiques mondiales

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Voici les dernières évolutions économiques mondiales vendredi vers 18H00 GMT, alors qu'un fragile cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis va entrer dans son 4e jour:

Les marchés attendent avec prudence les pourparlers au Pakistan

Les Bourses mondiales ont fortement progressé sur la semaine écoulée, mais ont terminé sur une note prudente vendredi, à quelques heures de négociations de paix qui doivent se tenir entre les Etats-Unis et l'Iran au Pakistan.

A Wall Street, le Dow Jones a cédé 0,56%, l'indice Nasdaq a gagné 0,35% et l'indice élargi S&P 500 a reculé de 0,12%.

En Europe, Londres (-0,03%) et Francfort (-0,01%) ont terminé à l'équilibre et Paris a progressé de 0,17%. Seule Milan a tiré son épingle du jeu en avançant de 0,59%.

Les prix du pétrole se stabilisaient sous la barre des 100 dollars le baril. Référence globale du brut, le Brent s'échangeait à environ 95 dollars pour livraison en juin dans la nuit de vendredi à samedi. Son équivalent américain du WTI valait environ le même prix pour livraison en mai.

Détroit d'Ormuz: le trafic reste limité, mais Trump promet

Donald Trump a assuré vendredi que le détroit d'Ormuz serait "bientôt ouvert", alors que la navigation dans cette voie maritime essentielle pour le commerce mondial demeure sévèrement restreinte par l'Iran.

Le trafic reste limité et des centaines de navires de commerce demeurent bloqués dans le Golfe.

Depuis la trêve annoncée dans la nuit de mardi à mercredi, sept pétroliers et neuf vraquiers ont franchi ce bras de mer névralgique, quasiment fermé par l'Iran depuis le début de la guerre le 28 février et dont la réouverture était une condition de l'arrêt provisoire des tirs.

La France accélère sur l'électrification pour moins dépendre du pétrole ou du gaz

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a annoncé vendredi que le gouvernement allait doubler son soutien à l'électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d'euros par an d'ici 2030.

Parmi les mesures prévues, le gouvernement va aider à financer, à partir de juin, 50.000 véhicules électriques supplémentaires à loyer modéré (leasing social) pour les "gros rouleurs" touchés par l'envolée des prix des carburants.

Sébastien Lecornu a également annoncé que l'installation de chauffages au gaz serait interdite "dès la fin de cette année" dans les constructions neuves, y compris le logement collectif, et que deux millions de logements sociaux ne seraient plus chauffés au gaz d'ici à 2050.

Les aéroports européens redoutent des pénuries de kérosène

L'association des aéroports d'Europe a mis en garde contre un risque de "pénurie systémique" de kérosène si le trafic maritime n'est pas rétabli dans le détroit d'Ormuz au cours des trois prochaines semaines, dans un courrier consulté par l'AFP vendredi.

Cette association, qui représente quelque 600 aéroports dans une cinquantaine de pays, réclame à Bruxelles un "suivi urgent de la disponibilité et de l'approvisionnement" dans les six prochains mois, alors que le prix du kérosène s'est envolé avec la guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz.

L'UE réfléchit à taxer les superprofits dans l'énergie, comme en 2022

L'Union européenne a confirmé vendredi étudier les demandes de plusieurs pays membres, qui appellent à taxer les bénéfices exceptionnels réalisés par les entreprises du secteur énergétique en raison du conflit au Moyen-Orient, comme en 2022 après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Face à l'envolée actuelle des prix de l'énergie en Europe, "toute une gamme de mesures peut être envisagée, dont certaines ont déjà été mises en oeuvre il y a quelques années", a déclaré à la presse Paula Pinho, porte-parole de la Commission européenne.

La guerre a déjà un fort impact sur l'inflation aux États-Unis

L'inflation a fortement accéléré le mois dernier aux États-Unis, à 3,3% sur un an, reflétant l'envolée des prix à la pompe consécutive à la guerre au Moyen-Orient, selon des données officielles publiées vendredi.

Entre février et mars, les prix à la pompe ont bondi de 21,2%. Un tel pourcentage d'augmentation mensuelle n'avait pas été observé depuis la création d'un indice pour l'essence, en 1967, souligne le service statistique américain BLS.

En parallèle, le moral des consommateurs s'est enfoncé de 10% en un mois, selon un autre indicateur publié vendredi.

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