- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le gouvernement a beau répéter que ses réserves de carburants n'ont pas été entamées, rien n'y fait : la prolongation de la guerre au Moyen-Orient suscite de plus en plus d'inquiétude dans la population en Inde, où les queues s'étirent devant les stations-service.
« Ne croyez pas les rumeurs »
Le blocage de fait par l'Iran du détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole mondial, perturbe sérieusement les approvisionnements de nombreux pays, à commencer par l'Inde qui importe 85 % de ses besoins en brut.
Après trois semaines de conflit, le Premier ministre Narendra Modi s'est jusque-là refusé à augmenter les prix des carburants, en répétant à chaque apparition publique que le pays le plus peuplé de la planète - près de 1,5 milliard d'habitants - dispose de "stocks suffisants d'essence et de gazole".
"Ne croyez pas les rumeurs", "ne cédez pas à la panique et ne vous précipitez pas pour en acheter", a encore répété mercredi un haut responsable du ministère du Pétrole, Sujata Sharma.
De nombreux Indiens peinent à entendre le message. Dans l'État du Gujarat (ouest) par exemple, les autorités ont dû ordonner par précaution le déploiement de la police devant les dépôts de carburant de la région à cause de rumeurs, infondées, faisant état d'un doublement des prix.
Vagues d'achats de précaution
Sans surprise, les automobilistes se sont rués sur les stations-service pour faire leur plein. "On ne m'a donné que pour 2. 000 roupies d'essence (21 dollars)", a raconté à l'AFP Ashish Singh, après avoir patienté une heure. "Ils nous ont dit pas de plein".
D'autres ont subi les mêmes restrictions, parfois plus strictes. "Je n'ai pu en avoir que pour 300 roupies (3 dollars), j'en avais pourtant demandé plus", a rouspété le client d'une autre station, Shailesh Prajapati, qui s'inquiète de ne plus pouvoir se déplacer au guidon de sa moto autant que son métier l'exige.
Les médias indiens ont fait état des vagues d'achats de précaution dans les États du Telangana et du Karnataka, dans le sud du pays, au point de contraindre certains stations à fermer.
Les raffineurs indiens ont à leur tour dénoncé mercredi les informations "complètement infondées" qui précipitent les automobilistes vers leurs établissements. "Il n'y a pas de pénurie d'essence ou de gazole", a martelé le plus grand distributeur indien, Indian Oil Corporation Limited.