La guerre au Moyen-Orient, une "opportunité" possible pour les industries européennes, "si le prix du gaz le permettait" (Uniden)

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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La guerre au Moyen-Orient pourrait être une opportunité de produire en Europe ce que le continent importe habituellement de cette région du monde, à condition que le prix du gaz le permette, ont estimé les industriels français fortement émetteurs dans un communiqué mercredi.

Les événements au Moyen-Orient "vont affecter" les "exportations d'une grande diversité de produits de cette zone du monde vers l'Europe", a estimé mercredi l'Uniden, organisation défendant les intérêts des industriels fortement consommateurs d'énergie, dans la métallurgie, la chimie ou la pétrochimie.

Parmi ces produits évoqués par l'Uniden, le méthanol, les engrais azotés ou les polymères. "Si le prix du gaz le permettait, ce pourrait être l'opportunité de faire tourner des usines européennes aujourd'hui arrêtées ou en sous-activité", dit l'organisation.

Dans la chimie, l'agroalimentaire ou la production de verre, la hausse des prix du gaz a "d'ores et déjà un impact" en Europe, dit l'organisation. "En moyenne ces industries sont exposées pour le tiers de leur consommation à cette hausse brutale".

"Certaines productions sont donc arrêtées ou ralenties, à défaut d'équilibre économique, dans des filières dont certaines sont déjà extrêmement fragilisées par les surcapacités chinoises, les barrières douanières et les prix bas de l'énergie en Amérique du Nord", dit l'Uniden.

Dans ce contexte, l'organisation comptant parmi ses membres ArcelorMittal, Aluminium Dunkerque, Aéroports de Paris, SNCF, Arc France, Saint-Gobain, LafargeHolcim, Vicat, Air Liquide, Arkema, Ineos ou TotalEnergies, demande "une action rapide et résolue dans le cadre européen du marché du carbone", objet de nombreux débats à l'heure actuelle au niveau européen.

La Commission européenne doit présenter courant 2026 des propositions pour une réforme du marché des quotas d'émissions carbone (ETS), créé en 2005. Pour couvrir leurs émissions de CO2, les producteurs d'électricité et les industries énergivores (sidérurgie, ciment, chimie...) doivent acheter des "permis de polluer".

Pour encourager la décarbonation, l'Europe fixe chaque année un plafond d'émissions au-dessous duquel chaque secteur a le droit d'émettre "gratuitement" du CO2, puis doit payer une fois ce seuil dépassé. Chaque année, le plafond est baissé pour pousser les industriels à la décarbonation.

L'Uniden appelle notamment mercredi à "un gel immédiat de la baisse des benchmarks ETS" sensibles au prix du gaz, et à "les maintenir pour la plupart au niveau de 2025, pour permettre une baisse immédiate équivalente à 10%, soit environ 5EUR/MWh du prix du gaz".

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