La Russie reprend ses frappes massives sur l'Ukraine avant des discussions diplomatiques

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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La Russie a lancé pendant la nuit sa plus grosse attaque de drones et missiles sur l'Ukraine depuis le début de l'année, laissant des centaines de milliers de personnes sans chauffage par des températures glaciales, à la veille de négociations destinées à mettre fin à quatre ans de guerre.

Des explosions ont retenti toute la nuit dans la capitale ukrainienne, ont constaté les journalistes de l'AFP, et les habitants de plus d'un millier d'immeubles résidentiels se sont réveillés sans chauffage, alors que les températures sont descendues sous -20°C degrés.

Cette nouvelle attaque contre le secteur énergétique ukrainien vient après une accalmie d'une semaine. Le Kremlin avait annoncé la semaine dernière avoir accepté, à la demande du président américain Donald Trump, de s'abstenir de frapper Kiev "jusqu'au 1er février".

Des "missiles balistiques et de croisière, ainsi que des drones, ont été utilisés pour frapper des immeubles et des centrales thermiques", a indiqué sur Telegram le ministre ukrainien de l'Energie, Denys Chmygal.

"Des centaines de milliers de familles, y compris des enfants, ont été délibérément privées de chauffage pendant les plus rudes épisodes de gel hivernal", a-t-il dénoncé.

Selon l'armée de l'air ukrainienne, l'armée russe a tiré 71 missiles et 450 drones d'attaque, dont respectivement 38 et 412 ont été interceptés.

Ces frappes ont touché huit régions dont celles de Kiev, Dnipro (centre-est), Kharkiv (nord-est) et Odessa (sud).

- "Très forte explosion" -

Dans la capitale, 1.100 bâtiments sont sans chauffage dans des quartiers orientaux, selon les autorités municipales. A Kharkiv, la deuxième ville d'Ukraine, plus de 100.000 foyers sont concernés, tandis qu'à Odessa, cité portuaire, l'opérateur DTEK a fait état de dégâts "considérables".

"J'ai été réveillé par un éclair aveuglant et j'ai entendu une très forte explosion. Pris de panique, mon père et moi avons couru dehors", a témoigné auprès de l'AFP Mykyta, un étudiant.

"Tout le monde s'est mis à courir dans la rue et à crier (...) Immédiatement après le déclenchement de l'alarme aérienne, il y a eu une explosion", abonde Olessia Melnyk, 44 ans, dont les mains tremblent encore face au choc.

Un célèbre monument soviétique marquant la victoire sur l'Allemagne nazie a aussi été endommagé.

L'attaque a touché une des salles du musée national de la Seconde guerre mondiale, situé au pied de la statue géante de la "Mère Patrie" qui trône au-dessus de Kiev, a annoncé la ministre de la Culture, Tetiana Berejna.

"Symbolique et cynique à la fois : l'État agresseur frappe un lieu de mémoire de la lutte contre l'agression du XXe siècle, en répétant ses crimes au XXIe", s'est insurgée la ministre.

Avant cette courte pause, la Russie avait mené une série de frappes massives sur les centrales et sous-stations électriques et le secteur gazier ukrainien, provoquant la pire crise énergétique depuis le début de son invasion de l'Ukraine en 2022.

La capitale Kiev a été particulièrement affectée, des coupures touchant par moments la moitié de la ville.

"Profiter des journées d'hiver les plus froides pour terroriser la population est plus important pour la Russie que choisir la diplomatie", a dénoncé mardi le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui, la veille au soir, se félicitait encore d'une certaine "désescalade" grâce à la demande de Donald Trump.

- Territoires -

Cette nouvelle attaque intervient alors que Russes et Ukrainiens doivent se retrouver mercredi et jeudi pour de nouveaux pourparlers à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis.

Ce deuxième cycle, après un premier fin janvier, est mené sous médiation américaine.

Ces pourparlers pour trouver une issue diplomatique, restent difficiles.

Selon Volodymyr Zelensky, le principal point de friction est la question des territoires. Moscou réclame notamment que les forces ukrainiennes quittent les zones sous leur contrôle dans le Donbass, région industrielle de l'Est que la Russie revendique, ce que Kiev refuse.

Aucune des parties n'a cependant fourni de détails sur le contenu des discussions.

Sur le front, les troupes russes ont accéléré leurs avancées en Ukraine courant janvier, s'emparant de près de deux fois plus de territoire que le mois précédent, selon une analyse par l'AFP des données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), qui collabore avec le Critical Threats Project, deux centres de réflexion américains.

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