L'annonce d'un déblocage des stocks stratégiques ne convainc pas le marché pétrolier

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les cours du pétrole ont terminé en hausse mercredi, l'annonce d'un déblocage sans précédent des réserves stratégiques mondiales d'or noir n'ayant pas suffi à apaiser les craintes sur les conséquences de la guerre au Moyen-Orient.

Au lendemain d'un plongeon, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a avancé de 4,76% à 91,98 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate a gagné 4,55%, à 87,25 dollars.

Les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont décidé "à l'unanimité" mercredi de libérer 400 millions de barils provenant de leurs réserves stratégiques, le déblocage "le plus important" de l'histoire de l'institution, a annoncé mercredi l'AIE.

La décision avait été éventée au préalable par des informations de presse et n'a provoqué qu'une très temporaire chute des cours.

"Nous avons très peu d'informations sur cette annonce, nous ne savons pas quand elle entrera en vigueur, ni quelle sera la qualité du pétrole" libéré, commente auprès de l'AFP Robert Yawger, de Mizuho USA.

L'analyste pointe aussi l'absence de détails sur les quantités remises sur le marché chaque jour ou la contribution de chaque pays.

Auparavant, Tokyo et Berlin avaient pris les devants en annonçant leur décision de puiser dans leurs propres réserves stratégiques sans attendre la déclaration commune.

Selon Robert Yawger, le marché a été mis à cran mardi par le cafouillage de la Maison Blanche sur le détroit d'Ormuz, un ministre de Donald Trump annonçant l'escorte d'un pétrolier par la Marine américaine avant de rétracter ses propos.

Et ont choisi la prudence mercredi "en l'absence de preuve tangible" du déblocage des stocks, assure l'analyste.

La future réaction des opérateurs dépendra donc du rythme de remises sur le marché des barils mis de côté.

"Il faudra gérer cela avec délicatesse" pour ne pas affoler les cours, d'autant que l'ampleur de l'annonce de l'AIE "implique que le problème est très grave" au Moyen-Orient, juge Robert Yawger.

L'Iran a quasiment paralysé la circulation dans le détroit d'Ormuz, artère vitale pour le commerce mondial de pétrole, qualifiant même de "cibles légitimes" les navires liés aux Etats-Unis ou à Israël qui navigueraient dans la région.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique du pays, se sont dit prêts à une guerre longue et à pilonner les intérêts occidentaux.

"Tant que le détroit d'Ormuz ne sera pas rouvert", les producteurs du Golfe "réduiront volontairement leur production afin d'éviter un remplissage trop rapide des stocks", prévient Tamas Varga, analyste chez PVM Energy.

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