- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le gouvernement veut "remettre à plat" le contrat liant l'énergéticien EDF au consortium d'industriels électro-intensifs Exeltium, qui permet à ces gros consommateurs d'énergie d'acheter leur électricité à un prix prévisible sur une longue période, a-t-on indiqué mercredi dans l'entourage de François Hollande.
Ce contrat, signé en 2010 pour une durée de 24 ans, "avait pour objectif de fournir à ces électro-intensifs de l'électricité à un prix compétitif sur du long terme. Mais les mécanismes qui étaient prévus ont tous joué dans le mauvais sens et le prix a dérivé", a expliqué cette source à l'Élysée.
Ces industries fortement consommatrices d'électricité, pour lesquelles le prix du courant est un paramètre essentiel de compétitivité, "se retrouvent donc aujourd'hui à un prix qui n'était pas celui espéré au départ", alors que l'environnement devient de plus en plus concurrentiel avec la baisse des coûts de l'énergie aux États-Unis notamment, a-t-elle ajouté.
Les contractants étant liés jusqu'en 2034, sans possibilité de sortie avant 2020, "la décision a été prise de remettre à plat ce contrat, d'aller voir les parties prenantes", dont EDF et les banques, a-t-on poursuivi de même source. "On va essayer de renégocier ce contrat, sans le casser, d'en revoir les termes pour les aligner à peu près avec le dispositif institutionnel" de l'Arenh.
L'Arenh, créé en 2011, est le prix auquel EDF est obligé de revendre le quart de son électricité d'origine nucléaire à ses concurrents, les fournisseurs alternatifs. Il s'élève actuellement à 42 euros, proche du prix sur le marché de gros, contre environ 47 euros pour le prix Exeltium, selon Jean-Pierre Roncato, président de ce consortium de 26 entreprises, dont Air Liquide, ArcelorMittal et Solvay.
"Depuis maintenant plusieurs mois, Exeltium et ses actionnaires disent de façon très claire que ce contrat qui avait été mis en place sous l'égide du gouvernement ne remplissait pas son rôle et qu'il y avait un décalage considérable entre le prix Exeltium et le prix auquel peuvent accéder des concurrents", à l'étranger ou en France, a-t-il commenté, interrogé par l'AFP.
"C'est une très bonne chose que le gouvernement intègre dans sa vision énergétique globale la problématique Exeltium, et tout ce qui pourra être fait pour favoriser une renégociation du contrat va dans le bon sens", a-t-il ajouté.
EDF n'a pas souhaité faire de commentaire.
Une autre piste envisagée par le gouvernement serait "d'orienter" vers ces entreprises une partie du courant produit par les installations hydrauliques, "qui sont entièrement amorties et produisent une électricité pas chère", selon l'entourage du président de la République.