- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le président du Guyana a déclaré jeudi que son pays était toujours en état d'alerte face à "la menace" posée par le Venezuela sur l'Essequibo, une région riche en pétrole, et ce même après la capture du président Nicolas Maduro par les États-Unis.
Ne pas « baisser la garde »
La zone est administrée par le Guyana depuis plus d'un siècle mais se trouve au coeur d'un différend avec le Venezuela, les deux pays s'opposant sur le tracé de leur frontière commune. Les appels répétés de Nicolas Maduro, aujourd'hui déchu, en faveur d'une annexion de l'Essequibo ont fait craindre un conflit armé.
Et malgré sa capture en janvier lors d'une intervention américaine, "la situation présente au Venezuela ne supprime pas (et) ne diminue pas la menace pesant sur le territoire du Guyana", a estimé son président Irfaan Ali.
Le pays ne peut se permettre de "baisser la garde", a dit le chef de l'État à des membres de la Force de défense du Guyana à l'ouverture d'un congrès annuel.
Le différend frontalier a été ravivé lorsque la multinationale américaine ExxonMobil a découvert d'immenses réserves de pétrole en 2015 dans la zone économique exclusive de l'Essequibo, qui confèrent au Guyana, pays de 800 000 habitants, les réserves de brut par habitant parmi les plus élevées au monde.
La promesse américaine
Alors que Nicolas Maduro était à la tête du Venezuela, les États-Unis avaient promis de défendre le petit pays anglophone sud-américain dans l'hypothèse d'une confrontation.
Le Venezuela est aujourd'hui dirigé par Delcy Rodriguez, présidente par intérim, qui a fait ouvrir au privé le secteur pétrolier sous l'impulsion de Washington, bouleversant complètement le modèle hérité de l'ex-président Hugo Chavez (1999-2013), d'inspiration socialiste.
Et les États-Unis ont levé les sanctions qui pesaient sur le géant public Petroleos de Venezuela (PDVSA), autorisant de facto les entreprises américaines à commercer avec lui. La semaine dernière, le PDG d'ExxonMobil a rapporté que les patrouilles maritimes vénézuéliennes étaient moins nombreuses au large de l'Essequibo, et a ouvert la voie à de nouvelles opportunités d'extraction de pétrole en mer.
