- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les cours du pétrole remontent fortement et s'affichent au-delà des 100 dollars lundi, juste avant le début d'un blocus des ports iraniens annoncé par les États-Unis.
L'armée américaine a affirmé qu'elle débuterait un blocus des ports iraniens à partir de lundi 14H00 GMT, selon le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, après l'échec des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran au Pakistan.
En réponse, l'armée iranienne a déclaré lundi que le blocus naval américain était "illégal" et constituait un acte de piraterie, avertissant également qu'aucun port du Golfe ne sera en sécurité si les siens sont menacés.
"Comme la plupart des navires sont déjà bloqués, la mesure affectera principalement les exportations de pétrole iranien, qui se sont poursuivies en grande partie" pendant la guerre, explique Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Celles-ci représentent en moyenne autour de "1,5 à 2 millions de barils par jour" depuis le début du conflit, précise-t-il. Autant de barils qui pourraient être perdus en raison du blocus des ports iraniens.
Vers 09H30 GMT (11H30 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, prenait 7,97% à 102,79 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en mai, gagnait 8,40% à 104,68 dollars.
En plus d'une hausse des prix de ces contrats pour livraison à terme, "les tensions réelles se manifestent sur les marchés au comptant, où les raffineurs se disputent les livraisons immédiates", remarque Tobias Keller, stratégiste chez UniCredit, créant un "décalage sans précédent" entre "les indices financiers et le prix du brut disponible aujourd'hui".
Le fait que le contrat de Brent pour juin soit plus bas que le contrat de mai de WTI, alors que c'est généralement l'inverse, illustre cette inquiétude quant à la disponibilité immédiate des barils.
Il reste de nombreuses incertitudes sur le blocus annoncé, par exemple sur "comment la Chine réagira si les États-Unis commencent à monter à bord de navires chinois transportant du pétrole iranien dans les eaux internationales", souligne ainsi M. Rasmussen.
En effet, la grande majorité du brut iranien exporté est acheté par la Chine.
Le prix du gaz européen monte également, car "la concurrence entre l'Asie et l'Europe s'intensifie" pour les achats de gaz naturel liquéfié. Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, prenait 9,19% à 47,65 euros.
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