Le pétrole, en nette hausse, craint un nouvel embrasement au Moyen-Orient

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les cours du pétrole ont nettement progressé lundi, de nouvelles attaques aux Emirats et dans le détroit d'Ormuz malgré la trêve entre les Etats-Unis et l'Iran faisant grimper un peu plus la tension du marché.

Le baril de Brent pour livraison en juillet, référence internationale, a bondi de 5,80% à 114,44 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate pour livraison en juin, a pris 4,36% à 106,42 dollars.

Les Emirats arabes unis ont annoncé avoir été visés par plusieurs attaques iraniennes lundi, les premières ciblant des installations civiles dans un pays du Golfe depuis plus d'un mois.

Le site pétrolier de Fujaïrah qui abrite un port et un oléoduc a été touché, selon les autorités, provoquant un incendie.

Une fermeture de ce site serait un nouveau coup dur pour le marché: il s'agit de l'une des seules voies encore viables pour exporter des hydrocarbures du Golfe, en raison de la paralysie du détroit d'Ormuz.

Ces nouvelles attaques - sur lesquelles le pouvoir iranien n'a pas communiquées - interviennent au premier jour d'une opération américaine annoncée par Donald Trump, pour débloquer des navires piégés dans les eaux du Golfe par la fermeture du détroit.

Selon Washington, deux navires battant pavillon américain ont pu franchir "avec succès" ce passage stratégique.

Une affirmation vite démentie par l'Iran.

"Aucun navire commercial ni pétrolier n'a traversé le détroit d'Ormuz ces dernières heures" ont déclaré les Gardiens de la Révolution iraniens.

En conséquence, les analystes d'Eurasia Group voient mal la navigation reprendre dans ce goulet d'étranglement. Un arrêt continu fera encore grimper les cours, préviennent-ils.

"La fermeture prolongée du détroit a laissé le marché mondial confronté à un déficit de 10 millions de barils par jour", rappellent ces experts.

Le recours aux réserves mondiales a notamment permis d'atténuer l'impact des ruptures d'approvisionnement, mais ces stocks fondent à vue d'oeil relèvent les analystes d'Eurasia Group.

"Aux Etats-Unis, il semble inévitable que le prix de l'essence atteigne 5 dollars le gallon (3,78 litres) d'ici juin", anticipent-ils.

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