Le pétrole fléchit, entre géopolitique et possible excédent d'offre

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les cours du pétrole se sont repliés jeudi face à la volonté affichée de Donald Trump de poursuivre les négociations avec l'Iran, les cours étant aussi minés par les craintes renouvelées de surplus sur le marché en 2026.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en avril, a reculé de 2,71% à 67,52 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en mars, a perdu 2,77% à 62,84 dollars.

"Le marché a baissé en début de séance à cause des commentaires du président américain" sur "la situation diplomatique" avec l'Iran, explique auprès de l'AFP Robert Yawger, de Mizuho USA.

Donald Trump a souligné mercredi auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, sa volonté de poursuivre les discussions avec Téhéran.

"Aucune décision définitive n'a été prise si ce n'est que j'ai insisté sur le fait que les négociations avec l'Iran continueraient pour voir si oui ou non un accord pouvait être conclu", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social à l'issue de la réunion.

Cette annonce a fait quelque peu reculer le risque géopolitique, mais le marché continue d'être "sous l'emprise" des discussions entre les deux pays, selon les analystes de DNB Carnegie.

Sur le papier, leurs positions peuvent sembler difficilement conciliables.

Téhéran veut limiter les discussions à la question nucléaire et défend son droit à l'enrichissement de l'uranium, alors que Washington souhaite inclure la limitation des capacités balistiques et l'arrêt du soutien à des groupes armés hostiles à Israël.

Avec des exigences aussi éloignées "beaucoup de choses peuvent encore mal tourner, et le marché craint que la crise ne s'étende à toute la région, en premier lieu au détroit d'Ormuz", par lequel transite environ 20% de la production mondiale de pétrole, souligne Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En parallèle, le rapport mensuel de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), publié jeudi, "a aussi ajouté de la pression sur les cours", estime M. Yawger.

L'AIE a revu un peu en baisse, de 80.000 barils par jour (bp/j), sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2026, en raison des hausses de prix observées en janvier.

L'agence prévoit désormais une croissance de 850.000 bp/j en 2026 contre une prévision de 930.000 bp/j le mois dernier.

"Plus généralement", le pétrole "est entraîné" jeudi "dans un mouvement de vente des matières premières", selon Robert Yawger, à l'instar de l'or et de l'argent.

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