- Connaissance des Énergies avec AFP
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De premiers navires ont franchi mercredi le détroit d'Ormuz quelques heures après l'accord de cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis, dans lequel Téhéran a accepté de rouvrir ce passage où transite en temps de paix un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux.
Des centaines de navires restent immobilisés dans le Golfe, plus de cinq semaine après le début de la guerre, qui a éclaté le 28 février, lorsque les États-Unis et Israël ont commencé à bombarder l'Iran, poussant Téhéran à riposter par des frappes dans toute la région et à restreindre fortement l'accès au détroit.
Les États-Unis et l'Iran se sont accordés dans la nuit de mardi à mercredi pour un cessez-le-feu de deux semaines.
- Premiers franchissements depuis le cessez-le-feu -
Quelques heures après l'accord, plusieurs franchissements ont été enregistrés par le site de suivi maritime MarineTraffic.
"Le vraquier NJ Earth, appartenant à un armateur grec, a franchi le détroit à 08h44 UTC, tandis que le Daytona Beach, battant pavillon du Liberia, a effectué sa traversée plus tôt, à 06H59 UTC, peu après avoir quitté le port de Bandar Abbas" selon le compte X de l'entreprise.
Entre le 1er mars et le 7 avril, en moyenne 8 transits par jour de navires de transport des matières premières ont été recensées par la société d'analyse Kpler, soit une baisse d'environ 95% par rapport aux temps de paix (environ 120 transits quotidiens selon le site d'information maritime Lloyd's List).
En tout, 307 franchissements de navires de transport de matières premières ont été recensées jusqu'au 7 avril, dont 199 par des pétroliers et navires de transport de gaz liquéfié, la plupart se dirigeant vers l'Est, en direction du golfe d'Oman. Six transits sur dix concernaient des navires en provenance ou à destination de l'Iran, une proportion qui grimpait à huit sur dix pour les pétroliers transportant une cargaison, selon une analyse de l'AFP à partir des données Kpler.
- 800 navires immobilisés -
Selon Lloyd's List, plus de 800 navires sont immobilisés dans le Golfe depuis fin février, mais des armateurs et affréteurs ont indiqué mercredi matin que des préparatifs étaient en cours pour remettre leurs navires en mouvement.
En outre, un total de 172 millions de barils de brut et de produits raffinés se trouvaient en mer dans le golfe arabo-persique au 7 avril, répartis sur quelque 187 pétroliers chargés, selon Kpler.
Les flux de brut et de produits pétroliers raffinés transitant par Ormuz sont tombés d'environ 20 millions de barils par jour selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE) à quelque 2,6 millions en moyenne depuis le 1er mars, d'après une analyse AFP des données Kpler. La guerre au Moyen-Orient a provoqué la plus grave perturbation de l'offre de l'histoire du marché pétrolier mondial, selon l'AIE.
"Si le cessez-le-feu ouvre une fenêtre de transit, les flux restent conditionnels et contraints sur le plan opérationnel. L'ampleur et la composition des volumes bloqués laissent penser que le brut mènera la première vague d'exportations, tandis que le passage sélectif et l'opacité des routes continuent de limiter la visibilité du marché", a prévenu Kpler.
- Trente navires ciblés -
Depuis samedi, les Gardiens de la révolution iraniens ont revendiqué trois attaques de navires, dont un seul seul a été confirmé par l'Organisation maritime internationale (OMI). Survenu mardi matin, il a touché le porte-conteneurs Qingdao Star (pavillon des îles Marshall) près de l'île iranienne de Kish. Selon l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO, un projectile non identifié a endommagé la partie émergée de la coque.
Au total, 30 navires commerciaux, dont 13 pétroliers, ont été attaqués ou ont signalé des incidents depuis le 1er mars dans le golfe Persique, le détroit d'Ormuz ou le golfe d'Oman, d'après l'OMI, UKMTO et/ou Vanguard Tech.
- Un itinéraire balisé par l'Iran -
Hormis trois pétroliers omanais ayant traversé le détroit la semaine dernière près d'Oman, les traversées récentes semblent avoir emprunté un autre itinéraire, approuvé par l'Iran dans ses eaux territoriales.
Les données de Kpler montrent que tous les navires ayant traversé le détroit avec leur transpondeur activé depuis vendredi, le NJ Earth et le Daytona Beach inclus ce mercredi, ont emprunté cet itinéraire près de l'île de Larak, surnommé le "péage de Téhéran" par Lloyd's List.
L'analyste de Lloyd's List, Bridget Diakun, a déclaré la semaine dernière qu'il y avait eu au moins deux cas d'armateurs ayant payé l'Iran, tandis que d'autres auraient obtenu le passage grâce à des "négociations diplomatiques".
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