Les 50 sites les plus émetteurs ont "peu postulé" aux aides à la décarbonation (Cour des comptes)

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les 50 sites industriels français les plus émetteurs de gaz à effet de serre, responsables de 58% des émissions du secteur, n'ont que "peu postulé" aux 3,4 milliards d'euros d'aides à la décarbonation débloquées par la France entre 2020 et 2024, a estimé la Cour des Comptes dans un rapport mardi.

L'industrie manufacturière, notamment la chimie, le ciment, la métallurgie ou l'agroalimentaire, pèse pour près de 16% des émissions de gaz à effet de serre de la France en 2024, pour environ 11% du PIB.

Sur les 300.000 sites industriels recensés en France en 2022, les 50 plus polluants, souvent situés autour de Dunkerque dans le Nord, de Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône, du Havre-Rouen en Seine-Maritime et dans le Grand Est, représentent 58% des émissions.

Les subventions à l'industrie que le gouvernement d'Emmanuel Macron prévoyait d'allouer pour sa décarbonation ne sont pas allés "jusqu'au bout de la logique de ciblage des plus gros émetteurs" de gaz à effet de serre, a estimé la Cour, observant que "les 50 sites les plus émetteurs, objet de nombreuses communications gouvernementales, ont peu postulé".

"Au total, si le plan de relance et France 2030 prévoient 3,4 milliards d'euros pour les aides à la décarbonation de l'industrie retenues dans le périmètre de l'évaluation de la Cour, moins de 400 millions avaient été versés à la fin de l'année 2024", précise l'instance chargée de vérifier le bon usage des deniers publics.

Si les aides versées entre 2020 et 2024 pour réduire l'empreinte climatique de la France "ont bien bénéficié à des établissements en moyenne plus émetteurs", "toutes les entreprises aidées ne sont pas parmi les plus émettrices", a estimé la Cour. Le ciblage des aides publiques "peut encore être amélioré".

Parmi les 56 sites regroupés dans le top 50 des plus grosses entreprises émettrices, "seule une vingtaine ont reçu des aides sur la période 2020-2024", a relevé la Cour.

Elle observe toutefois qu'au total 1% des plus gros émetteurs, qui pèsent pour les trois quarts des émissions du secteur, a perçu 55% des aides.

Deux ONG, Réseau Action Climat (RAC) et France Nature Environnement (FNE), avaient indiqué fin 2025 que les 50 sites les plus polluants avaient "un peu moins" rejeté de gaz à effet de serre en 2024 qu'un an plus tôt. Mais c'était surtout le fruit d'un recul de leur activité.

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