Décarbonation de l'industrie : les 50 sites les plus émetteurs ont « peu postulé » aux aides à la décarbonation

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les 50 sites industriels français les plus émetteurs de gaz à effet de serre, responsables de 58 % des émissions du secteur, n'ont que "peu postulé" aux 3,4 milliards d'euros d'aides à la décarbonation débloquées par la France entre 2020 et 2024, a estimé la Cour des comptes dans un rapport mardi.

Lire la synthèse du rapport de la Cour des comptes sur « Les aides à la décarbonation de l'industrie du plan de relance et de France 2030 » (mars 2026)

Moins de 400 millions d'euros versés à fin 2024

L'industrie manufacturière, notamment la chimie, le ciment, la métallurgie ou l'agroalimentaire, pèse pour près de 16% des émissions de gaz à effet de serre de la France en 2024, pour environ 11% du PIB.

Sur les 300 000 sites industriels recensés en France en 2022, les 50 plus polluants, souvent situés autour de Dunkerque dans le Nord, de Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône, du Havre-Rouen en Seine-Maritime et dans le Grand Est, représentent 58% des émissions.

Les subventions à l'industrie que le gouvernement d'Emmanuel Macron prévoyait d'allouer pour sa décarbonation ne sont pas allées "jusqu'au bout de la logique de ciblage des plus gros émetteurs" de gaz à effet de serre, a estimé la Cour, observant que "les 50 sites les plus émetteurs, objet de nombreuses communications gouvernementales, ont peu postulé".

"Au total, si le plan de relance et France 2030 prévoient 3,4 milliards d'euros pour les aides à la décarbonation de l'industrie retenues dans le périmètre de l'évaluation de la Cour, moins de 400 millions avaient été versés à la fin de l'année 2024", précise l'instance chargée de vérifier le bon usage des deniers publics.

Un ciblage des aides pouvant « encore être amélioré »

Si les aides versées entre 2020 et 2024 pour réduire l'empreinte climatique de la France "ont bien bénéficié à des établissements en moyenne plus émetteurs", "toutes les entreprises aidées ne sont pas parmi les plus émettrices", a estimé la Cour. Le ciblage des aides publiques "peut encore être amélioré".

Parmi les 56 sites regroupés dans le top 50 des plus grosses entreprises émettrices, "seule une vingtaine ont reçu des aides sur la période 2020-2024", a relevé la Cour. Elle observe toutefois qu'au total 1 % des plus gros émetteurs, qui pèsent pour les trois quarts des émissions du secteur, a perçu 55 % des aides.

Deux ONG, Réseau Action Climat (RAC) et France Nature Environnement (FNE), avaient indiqué fin 2025 que les 50 sites les plus polluants avaient "un peu moins" rejeté de gaz à effet de serre en 2024 qu'un an plus tôt. Mais c'était surtout le fruit d'un recul de leur activité.

Commentaires

Albatros
En clair, ça signifie que la "décarbonation" est en fait la désindustrialisation. La France décarbone en se débarrassant de son industrie. Nous seront morts guéris...
Rochain Serge
Et on n'impose aucune obligation de passer à l'électrique pour ceux qui utilisent des ressources énergétiques fossiles, notamment le Gaz pour la plupart..... il ne faut surtout pas qu'il leur vienne à l'édée de se précipiter car les EPR de Macron ne produiront que dans 15 ans au mieux. Si l'idée venait aux industriels de précipiter les choses, il faudrait débloquer repidement tous les projets de renouvelables que l'on bloque avant qu'ils ne démontrent que le nucléaire est inutile, couteux, et dangereux.
Goldorak
Les EPR de Macron ne sont pas nécessaire à court terme mais plutot à moyen long terme. La france est en surcapacité actuellement. Votre argument n'est pas recevable.
EtDF
Supposons que les 50 sites industriels français les plus émetteurs de gaz à effet de serre, responsables de 58 % des émissions du secteur auraient tous postulé" aux 3,4 milliards d'euros d'aides à la décarbonation débloquées par la France entre 2020 et 2024: cela donne 70 millions pour un cimentier par exemple.. Une PAILLE pour passer du chauffage au fioul, de la récupération et reconversion du CO2, et pour l'alimentation du four en O2 d"électrolyse.. etc etc S'adosser à des electrons intermittents en demande un énorme paquet (gestion de réseau?) et un gros stockage (buffer) intermédiaire. Il préfère négocier un contrat longue durée (et post ARENH!) avec une fourniture stable donc nucléaire. Sinon un France décarbonnée serait synonyme de desindustrialisée. On va voir comment vont faire les Allemands!
En 2 mots
fourniture stable le nucléaire? as t on perdu la mémoire?
Rochain Serge
Les prmiers EPR de Macron ne seront pas disponibles avant au moins 15 ans ....si tout va bien. Nous ne sommes pas en surcapacité tant que nos voisins sont importateurs, les effacements sont n'égligeables et sans les renouvelables, plus d'exportations, et m^me obligation de redevenir importateur ou remettre en marche les centrales à fossiles que nous avons arrété car le nucléaire est incapable de fournir ne serait-ce que notre besoin interieur. Mais il n'est pire aveugle que celui qui ne lit pas les bilans annuels de RTE et préfere colporter ses convictions dogmatiques.

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