Les sites de stockage de déchets nucléaires en couche géologique profonde

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Le stockage définitif de déchets nucléaires hautement radioactifs en couche géologique profonde est une solution envisagée par plusieurs pays. Quelques projets ont déjà été concrétisés, tandis que d'autres sont à l'étude. Tour d'horizon.

En France:

Deux lois votées en 1991 et 2006 prévoient que des recherches soient menées afin de "choisir un site et de concevoir un centre" de "stockage réversible en couche géologique profonde". Ces recherches sont menées par le laboratoire de l'Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) à Bure (Meuse), qui développe le projet de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) et étudie la possibilité d'un stockage sous une épaisse couche d'argile.

La loi de 2006 prévoyait qu'un tel centre fasse l'objet d'une demande d'autorisation en 2015, pour une mise en exploitation en 2025. Aucune demande d'autorisation n'a pour l'heure été déposée. Selon l'Andra, cette demande devrait intervenir en 2021.

En Finlande :

Deux sites de stockage dans des formations granitiques, à 70 et 100 mètres de profondeurs, sont en service depuis 1992 et 1997, à proximité de centrales nucléaires d'Olkiluoto et de Loviisa.

En 2015, les autorités ont donné le feu vert à la construction d'un site de stockage creusé dans le granit à 400-450 mètres de profondeur, sur le site d'Olkiluoto.

Aux Etats-Unis:

Depuis 1999, le WIPP ((Waste Isolation Pilot Plant), dans l'Etat américain du Nouveau-Mexique, stocke des déchets radioactifs d'origine militaire dans des installations creusées dans une couche de sel, à environ 660 mètres de profondeur.

En 2014, un incendie s'est déclaré sur un véhicule de transport de sel, dans le sous-sol. Huit jours plus tard, des radiations ont été détectées dans l'air du site. Treize jours plus tard, des tests ont révélé que 13 employés avaient été exposés à des radiations.

En Allemagne:

Le premier site de stockage de déchets nucléaires avait été implanté dans une ancienne mine de sel à Asse, en Basse-Saxe, dans les années 1960, à 700 mètres de profondeur. Des fuites radioactives ont été constatées, laissant craindre la contamination de nappes phréatiques. En 2008, les autorités allemandes ont décidé de démanteler le site.

Un autre site de stockage, dans la mine de potasse et de sel de Morsleben (Saxe-Anhalt), a été ouvert en 1971, à 500 mètres de profondeur. En 2001, un rapport du service d'inspection des mines révélé dans la presse pointait un risque d'effondrement.

En 2002, un nouveau site de stockage définitif de déchets nucléaires a été autorisé dans l'ancienne mine de fer de Konrad (Basse-Saxe).

D'autres projets sont actuellement à l'étude, dans une quinzaine de pays, selon l'Andra, dont la Suède, le Canada, le Royaume-Uni ou la Chine.

Selon l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, des laboratoires de recherche géologique visant à explorer le principe d'un stockage en profondeur dans le granit ont été créés au Canada (en cours de démantèlement), en Suède, en Suisse, en Corée du Sud et au Japon. D'autres laboratoires poursuivent le même objectif mais dans des formations argileuses en Belgique, en Suisse et au Japon.

Enfin, des laboratoires visant à étudier la possibilité d'enfouir des déchets sur les lieux mêmes de leurs recherches ont été déployés à Yucca Mountain, aux Etats-Unis, à Onkalo, en Finlande, et en Suède, à Östhammar.

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