- Connaissance des Énergies avec AFP
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Getlink, qui exploite Eurotunnel, anticipe 10 millions de passagers grande vitesse supplémentaires empruntant le tunnel sous la Manche en 2035, ce qui permet au groupe qui a connu de nombreux aléas financiers d'envisager le versement d'un dividende "d'un euro par action" à ses actionnaires en 2030.
Plusieurs crises depuis 1986
"Grâce au développement de la grande vitesse et au ralentissement de nos dépenses d'investissement, nous visons un renforcement de la croissance de nos résultats sur la prochaine décennie", a déclaré le directeur général Yann Leriche cité dans un communiqué.
Le bénéfice net a progressé de 3% en 2025, à 320 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires en baisse de 1% sur un an, à 1,595 milliard d'euros. Après avoir traversé plusieurs crises financières depuis sa création en 1986, le gestionnaire du tunnel sous la Manche (ex-Eurotunnel, changement de nom en 2017) s'est déclaré jeudi "très satisfait" de ses résultats 2025.
Le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (Ebitda), témoin de la rentabilité, s'élève à 859 millions d'euros, s'inscrivant "au-dessus" des objectifs "donnés et reconfirmés l'année dernière", a déclaré le président Jacques Gounon au cours d'une conférence téléphonique.
"La politique de dividende, qui a été commencée en 2009, qui a toujours progressé -sauf évidemment pendant la période Covid- reprend, et encore plus", a-t-il ajouté. "Nous proposons de le porter à 80 centimes d'euros par action en 2026, avec une progression qui devrait continuer, puisque nous visons en 2030 un dividende d'un euro par action", a-t-il ajouté. L'exploitant du tunnel sous la Manche avait attendu 23 ans après la création de la société Eurotunnel pour verser son premier dividende, 4 centimes d'euro par action en 2009.
Progression de 5% du trafic passagers d'Eurostar
Les perspectives ont depuis changé. "Nous allons engager une nouvelle période de croissance" dans les années qui viennent, a estimé jeudi M. Gounon, grâce à une "demande extrêmement forte" de trains sous la Manche et à l'arrivée attendue de la concurrence aux alentours de 2030.
À l'appui, il a évoqué l'achat de nouveaux trains par Eurostar pour son service à grande vitesse transmanche, ainsi que la volonté affichée de Virgin et de l'Italien Trenitalia de lancer des services concurrents sous le tunnel. En 2025, Eurostar a vu son trafic passagers progresser de 5%, avec 11,8 millions de passagers transportés, "atteignant un nouveau record historique", a souligné Getlink.
Cette croissance a été soutenue par la réouverture du terminal international d'Amsterdam Centraal dont les travaux avaient entraîné la suspension de la liaison directe entre Amsterdam et Londres au deuxième semestre 2024. Le trafic entre Londres et Paris a aussi progressé de 6% en 2025.
Pour l'avenir, Getlink envisage d'atteindre 22 millions de passagers sous la Manche grâce aux nouveaux entrants, selon M. Leriche. "Or, nous ne sommes pas rémunérés au train, mais au nombre de passagers, ce qui améliore notre perspective".
En 2025, le chiffre d'affaires de la filiale Eurotunnel a progressé de 4%, mais celui de la filiale de transport d'électricité Eleclink a baissé de 20% en raison de la suspension de l'activité entre le 25 septembre 2024 et le 5 février 2025 et du 19 mai au 2 juin.
En 2025, Getlink a aussi subi un trafic camions en baisse de 3% sur la partie "navette" (shuttle), "impacté par un environnement économique peu porteur au Royaume-Uni, la faiblesse de l'industrie automobile, et la poursuite d'une concurrence intense avec les compagnies de ferries", a indiqué le groupe.
