L'Iran accuse Washington de préparer une attaque terrestre

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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L'Iran a accusé dimanche les Etats-Unis de planifier "secrètement" une offensive terrestre, tout en menant publiquement des efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Ce conflit, déclenché il y a plus d'un mois, ne montre aucun signe d'apaisement: l'armée israélienne a affirmé avoir frappé un site clé de production de missiles en Iran, tout en faisant état d'un "impact" dans une zone industrielle du sud d'Israël.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont quant à eux menacé de frapper les universités américaines au Moyen-Orient, poussant celle de Beyrouth à passer temporairement aux cours en ligne.

"Les gens se réveillent chaque jour inquiets face à un avenir incertain", confie à l'AFP Farzaneh, une femme iranienne de 62 ans, depuis la ville d'Ahvaz. "Personne ne souhaite vraiment la guerre", qui ne saurait apporter "de vraie solution à nos problèmes", déplore-t-elle.

- Des troupes américaines au sol? -

Ce conflit, qui touche durement les populations civiles dans la région et ébranle l'économie mondiale, peut-il s'envenimer encore?

Les spéculations vont bon train sur un possible déploiement de troupes américaines au sol en Iran. Donald Trump entretient lui-même une certaine ambiguïté sur cette possibilité.

D'après le Washington Post, qui cite des responsables anonymes, le Pentagone se prépare effectivement à des opérations terrestres de plusieurs semaines: pas une invasion à grande échelle de l'Iran, mais plutôt des raids, menés par des forces spéciales.

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait écarté cette hypothèse vendredi, assurant que les "objectifs" de guerre de Washington pourraient être atteints sans l'envoi de troupes au sol.

Mais un navire américain d'assaut amphibie, à la tête d'un groupe naval comprenant "quelque 3.500" marins et soldats du corps des Marines est arrivé dans la région vendredi.

"L'ennemi envoie publiquement des messages de négociation et de dialogue, tout en planifiant secrètement une offensive terrestre", a dénoncé le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Avant d'avertir: "Nos hommes attendent l'arrivée des soldats américains sur le terrain pour les attaquer et punir une bonne fois pour toutes leurs alliés régionaux".

- Zone industrielle touchée en Israël -

Les efforts diplomatiques se multiplient pour tenter de faire cesser les hostilités. Des responsables turcs, pakistanais, égyptiens et saoudiens ont commencé à se réunir dimanche à Islamabad pour des "discussions approfondies". Avant d'autres échanges prévus lundi.

Mais le conflit ne montre aucun répit.

L'Iran continue lui de frapper le Golfe.

Parmi les dernières cibles: deux des plus importantes fonderies d'aluminium du monde, au Bahreïn et dans les Emirats.

Les Gardiens ont également menacé de frapper les universités américaines au Moyen-Orient, en représailles à des frappes qui ont selon eux endommagé deux universités en Iran.

"Si le gouvernement américain veut que ses universités dans la région ne subissent pas de représailles (...), il doit condamner le bombardement des universités dans un communiqué officiel avant lundi 30 mars à midi", ont-ils assuré.

- Un autre détroit stratégique en péril -

Depuis le début de la guerre, l'Iran bloque aussi le détroit d'Ormuz, voie stratégique par laquelle transite un cinquième du pétrole mondial, provoquant un choc énergétique majeur.

De Bangkok à Berlin, de Tokyo à Paris, les gouvernements multiplient donc les mesures d'urgence pour tenter de contenir la flambée des prix.

Cette crise énergétique pourrait encore être aggravée par l'entrée en guerre des rebelles houthis du Yémen, alliés de l'Iran.

Depuis leurs positions stratégiques, ils ont la possibilité d'entraver la circulation du détroit de Bab el-Mandeb, l'un des couloirs maritimes les plus empruntés au monde.

Israël continue quant à lui de viser l'Iran et le Liban.

Une chaîne d'information qatarie, Al Araby, a annoncé que son bureau à Téhéran avait été touché par une frappe.

Plusieurs centaines de personnes se sont aussi rassemblées à Beyrouth pour les funérailles de trois journalistes libanais, dont un correspondant vedette de la chaîne du Hezbollah Al-Manar, tués la veille dans une frappe israélienne.

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