- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les chefs de la diplomatie de l'UE vont discuter lundi d'un possible le recours dans le détroit d'Ormuz à la mission Aspides de protection du trafic maritime, a indiqué la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas, plusieurs ministres écartant toutefois une décision à court terme.
"Il est dans notre intérêt de maintenir ouvert le détroit d'Ormuz (presque totalement bloqué au trafic maritime, NDLR), et c'est pourquoi nous sommes en train de discuter de ce que nous pouvons faire à cet égard, du côté européen", a-t-elle déclaré peu avant une réunion à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères de l'UE.
Mme Kallas a évoqué plusieurs possibilités, dont le recours à la mission Aspides, actuellement déployée en mer Rouge. Mais pour ce faire, il est nécessaire de modifier le mandat actuel de cette mission, conçue à l'origine pour protéger les navires marchands des attaques des rebelles houtis, alliés de l'Iran, en mer Rouge.
"Nous discuterons avec les États membres pour voir s'il est possible de réellement modifier le mandat de cette mission", a expliqué Mme Kallas. Mais, a-t-elle ajouté, la "question est de savoir si les États membres sont disposés à utiliser effectivement cette mission", a-t-elle ajouté.
Certains ministres se sont montrés prudents sur un éventuel recours à cette mission, qui comprend trois navires militaires en patrouille en mer Rouge: un grec, un français et un italien.
- "Aucune modification" -
"Nous pensons que le mandat actuel d'Aspides est correct et qu'il ne nécessite aucune modification", a ainsi souligné le ministre espagnol des Affaires étrangères Jose Manual Albares.
Son collègue allemand Johann Wadepuhl a également botté en touche, jugeant qu'il fallait d'abord savoir à quel moment les Etats-Unis et Israël jugeront avoir "atteint leurs objectifs", avant d'envisager une "architecture de sécurité" pour l'ensemble de la région, impliquant également l'Iran.
"Et je crois qu'une fois que nous en serons arrivés là, d'autres questions pourront obtenir une réponse. Mais à l'heure actuelle, elles ne se posent pas", a affirmé le ministre allemand à son arrivée à Bruxelles.
Le nouveau chef de la diplomatie néerlandaise Tom Berendsen a lui aussi réclamé du temps avant toute décision. "La situation est extrêmement sensible, très délicate. Il faut donc d'abord s'informer, voir ce que chacun veut, quels sont les souhaits et ce qui est éventuellement possible", a-t-il déclaré lundi.
Le président Donald Trump a accentué ce weekend la pression sur les alliés des Etats-Unis et sur la Chine pour qu'ils envoient des navires de guerre dans le détroit d'Ormuz, par où transite un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz liquéfié et dont dépendent les économies asiatiques et européennes.
La France avait évoqué le 9 mars une mission internationale "purement défensive" pour rouvrir le détroit, sans préciser si elle devait se faire dans le cadre de la mission Aspides.
"Si nous voulons assurer la sécurité dans cette région, le plus simple serait d'utiliser déjà l'opération que nous avons sur place, et peut-être de l'ajuster un peu", a indiqué sur ce point Mme Kallas.
"Il est également question d'une coalition de volontaires à cet égard, mais nous devons aussi voir ce qui permettrait d'ouvrir le plus rapidement le détroit d'Ormuz", a-t-elle ajouté.
Les 27 pourraient ainsi s'accorder sur des "critères" communs, acceptables pour les Etats-Unis, et qui seraient soumis aux Iraniens, a-t-on expliqué de source diplomatique.