- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les prix du pétrole continent de grimper mercredi en Asie, dans un marché suspendu au blocage du détroit d'Ormuz et digérant les engagements de Washington à y défendre la circulation, tandis que les Bourses de Tokyo et Séoul ont ouvert en nette baisse.
Le pétrole ferme, guettant Ormuz
Vers 01H15 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché international, gagnait 0,68% à 81,95 dollars.
Il avait dépassé mardi 85 dollars pour la première fois depuis juillet 2024, avant de limiter sa hausse à 4,71% à la clôture.
A le même heure mercredi,le baril de West Texas Intermediate (WTI) nord-américain grimpait de 0,55% à 74,96 dollars. Il avait clôturé la veille en hausse de 4,67%.
Le trafic maritime est paralysé dans le détroit d'Ormuz, goulet d'étranglement par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, ce qui avive les craintes d'une perturbation prolongée des approvisionnements.
Pour autant, les cours avaient fortement modéré leurs gains mardi après des déclarations du président américain Donald Trump assurant que la marine des Etats-Unis pourrait escorter des pétroliers "si nécessaire" à travers le détroit d'Ormuz.
"Quoi qu'il arrive, les Etats-Unis garantiront la LIBRE CIRCULATION DE L'ÉNERGIE dans le MONDE", a-t-il écrit dans une publication sur son réseau Truth Social.
"Cela a permis aux marchés de dissiper leur anxiété matinale persistante (...) La réaction sur le marché des matières premières a été immédiate", constat eElior Manier, Market Pulse
"Le WTI se maintenant à des niveaux proches de ceux de l'ouverture de lundi, le sentiment général du marché reste nettement plus stable", juge-t-il.
Pour autant, "l'escalade du conflit continue de peser sur le moral des investisseurs et de maintenir les marchés dans une attitude prudente", avertit Lloyd Chan, de MUFG.
"Le prix du Brent a dépassé les 80 dollars le baril, soit une hausse cumulée d'environ 13 % depuis le début des hostilités le 28 février, ce qui alimente les craintes d'inflation et accentue les freins à la croissance mondiale", poursuit-il.
Cependant, lui-même reconnaît que "la réaction du marché pétrolier a été jusqu'à présent plus contenue qu'au cours des premières semaines du conflit russo-ukrainien", la stabilisation du Brent autour des 82 dollars "suggérant un certain apaisement des craintes de perturbation".
Les Bourses minées, Séoul plonge encore
Vers 01H15 GMT à la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei abandonnait 2,95% à 54.618 points, après avoir brièvement lâché plus de 3%. L'indice élargi Topix perdait 3,27%.
A la Bourse de Séoul, l'indice Kospi a dégringolé de plus de 6% dans les premiers échanges, aggravant son plongeon de la veille, avant de modérer ses pertes. Vers 01H15 GMT, il cédait encore 5,34%.
La Bourse de Sydney baissait de 1,74%, les places chinoises n'étaient pas encore ouvertes.
Les places asiatiques emboîtent le pas à Wall Street, qui a terminé dans le rouge mardi, dans des marchés crispés par le risque d'une crise prolongée au Moyen-Orient et des répercussions sur l'inflation.
"La situation au Moyen-Orient devrait continuer de peser sur le marché, et la forte baisse des valeurs américaines liées aux semi-conducteurs exercent une pression à la vente sur les valeurs de ce secteur au Japon", a noté Tokai Tokyo Intelligence.
Le dollar stable, l'or recherché
L'or, valeur refuge face aux incertitudes, continue de profiter de la situation: il grimpait de 1,4% à 5.158 dollars l'once vers 01H20 GMT.
De son côté, la monnaie américaine se stabilisait à 157,68 yens pour un dollar, après avoir encore monté la veille, poussée par son statut de refuge sur le marché des changes face aux craintes grandissantes d'inflation.
"Le dollar est soutenu par la demande de valeurs refuges et une modération des anticipations de baisse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) cette année" face à la flambée des prix énergétiques susceptible de nourrir l'inflation, souligne Lloyd Chan.
"Toutes les principales devises se sont dépréciées face au dollar après que le président Trump a déclaré que Washington ferait +tout ce qu'il faut+ dans son offensive contre l'Iran, ce qui a accentué les craintes d'inflation", abondent les experts de Standard Chartered.
"La crise actuelle ravive le lien traditionnel entre le dollar et les prix du pétrole, les Etats-Unis étant un exportateur net d'énergie", ajoutent-ils.
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