- Connaissance des Énergies avec AFP
- parue le
Le pétrole continue de grimper mercredi dans un marché suspendu au blocage du détroit d'Ormuz et digérant les engagements de Washington à y défendre la circulation, tandis que la Bourse de Séoul dévisse à nouveau, à l'unisson d'une chute des places asiatiques.
Le pétrole consolidé, guettant Ormuz
Vers 02H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché international, gagnait 1,11% à 82,30 dollars.
Il avait dépassé mardi 85 dollars pour la première fois depuis juillet 2024, avant de limiter sa hausse à 4,71% à la clôture.
A la même heure mercredi, le baril de West Texas Intermediate (WTI) nord-américain grimpait de 0,82% à 75,16 dollars. Il avait clôturé la veille en hausse de 4,67%.
Le trafic maritime est paralysé dans le détroit d'Ormuz, goulet d'étranglement par lequel transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, ce qui avive les craintes d'une perturbation prolongée des approvisionnements.
Pour autant, les cours avaient modéré leurs gains mardi après des déclarations du président américain Donald Trump assurant que la marine des Etats-Unis pourrait escorter des pétroliers "si nécessaire" à travers le détroit d'Ormuz.
"Quoi qu'il arrive, les Etats-Unis garantiront la LIBRE CIRCULATION DE L'ENERGIE dans le MONDE", a-t-il écrit dans une publication sur son réseau Truth Social.
"Cela a permis aux marchés de dissiper leur anxiété matinale persistante (...) La réaction sur le marché des matières premières a été immédiate", constate Elior Manier, analyste de Market Pulse.
"Le WTI se maintenant à des niveaux proches de ceux de l'ouverture de lundi, le sentiment général du marché devient nettement plus stable", juge-t-il.
Pour autant, "l'escalade du conflit continue de peser sur le moral des investisseurs et de maintenir les marchés dans une attitude prudente", avertit Lloyd Chan, de MUFG.
"Le prix du Brent a dépassé les 80 dollars le baril, soit une hausse cumulée d'environ 13% depuis le début des hostilités le 28 février, ce qui alimente les craintes d'inflation et accentue les freins à la croissance mondiale", poursuit-il.
Cependant, lui-même reconnaît que "la réaction du marché pétrolier a été jusqu'à présent plus contenue qu'au cours des premières semaines du conflit russo-ukrainien", la stabilisation du Brent autour des 82 dollars "suggérant un certain apaisement des craintes de perturbation".
Les Bourses chutent, Séoul dévisse
Vers 02H30 GMT à la Bourse de Séoul, l'indice Kospi dévissait de 8,10%, après avoir déjà fortement plongé la veille. Cet effondrement a entraîné une suspension des échanges par l'opérateur boursier.
La Corée du Sud, huitième plus gros consommateur de brut du monde, est très dépendante des hydrocarbures du Moyen-Orient.
Et les poids lourds de la cote, les champions des puces mémoires Samsung Electronics (-6,51%) et SK hynix (-4,69%) pâtissent avec retard du récent regain d'inquiétudes sur l'essor de l'IA.
"Cela ressemble davantage à un dénouement de positions des investisseurs (...) Lorsque l'appétit pour le risque se retourne dans le monde et que la volatilité s'exacerbe sur l'énergie et les devises, on observe un désengagement rapide des valeurs les plus importantes de l'indice", note Dave Mazza, de Roundhill Investments, cité par Bloomberg.
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei abandonnait 3,88% à 54.090 points. L'indice élargi Topix perdait 4,25%.
La Bourse de Sydney cédait 1,88%, Taipei 3,10%, l'indice hongkongais Hang Seng 1,61% et l'indice composite de Shanghai 0,47%.
Les places asiatiques emboîtent le pas à Wall Street, qui a terminé dans le rouge mardi, crispée par le risque d'une crise prolongée au Moyen-Orient et des répercussions sur l'inflation, les valeurs tech étant particulièrement touchées.
Le dollar stable, l'or recherché
L'or, valeur refuge face aux incertitudes, continue de profiter de la situation: il grimpait de 1,6% à 5.169 dollars l'once vers 02H30 GMT.
De son côté, la monnaie américaine se stabilisait à 157,54 yens pour un dollar, après avoir encore monté la veille.
"Le dollar est soutenu par la demande de valeurs refuges et une modération des anticipations de baisse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) cette année" face à la flambée des prix énergétiques susceptible de nourrir l'inflation, souligne Lloyd Chan.
"Toutes les principales devises se sont dépréciées face au dollar après que le président Trump a déclaré que Washington ferait +tout ce qu'il faut+ dans son offensive contre l'Iran, ce qui a accentué les craintes d'inflation", abondent les experts de Standard Chartered.
jug/vgu
