- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les prix du pétrole se divisaient lundi, le WTI nord-américain se repliant tandis que le Brent progressait toujours au-delà des 100 dollars le baril, guettant les développements de la guerre au Moyen-Orient, les Bourses d'Asie reculant elles de concert.
Le pétrole incertain, le Brent au-delà de 100 dollars
Vers 02H20 GMT, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, repartait à la baisse, reculant de 0,54% à 98,20 dollars.
Mais, à l'inverse, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, continuait de progresser nettement, grimpant de 0,83% à 104 dollars.
Le marché semblait en tout cas modérer ses fluctuations après ses récentes envolées: les cours de l'or noir ont connu une flambée spectaculaire depuis le début du conflit, le prix du Brent ayant bondi de quelque 40% en deux semaines, et le WTI de presque 50%.
Les investisseurs restent suspendus aux développements de la guerre et à la paralysie du détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial.
Le président américain Donald Trump a appelé samedi à la rescousse d'autres pays pour sécuriser ce passage stratégique, citant la France, la Chine, le Japon, le Royaume-Uni ou la Corée du Sud --sans que ces Etats ne confirment leur appui pour l'heure.
"Une démonstration de force militaire manifeste pourrait engendrer des risques et des difficultés opérationnelles considérables et, si elle est mal exécutée, exacerber les tensions au lieu de les apaiser", prévient Chris Weston, analyste du courtier Pepperstone.
"Et rien ne garantit qu'une telle mesure rétablirait immédiatement la circulation maritime normale" face aux frappes iraniennes, ajoute-t-il.
M. Trump a aussi menacé de cibler les infrastructures pétrolières de l'île de Kharg, située à environ 30 kilomètres des côtes iraniennes et qui abrite le plus grand terminal d'exportation pétrolier du pays.
"Les premières attaques menées ce week-end par les Etats-Unis contre l'île de Kharg ont accru les risques d'une nouvelle escalade", même si "ces frappes ont visé des installations militaires, épargnant pour l'instant les infrastructures pétrolières", note Lloyd Chan, de MUFG.
Pour pallier la course folle des prix, les pays membres de l'Agence internationale de l'Energie (AIE) ont décidé de débloquer collectivement 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques de pétrole.
Le Japan a confirmé lundi entamer le recours à ses stocks. Des réserves seront débloquées immédiatement en Asie et en Océanie, et fin mars en Amérique et en Europe, a précisé dimanche l'organisation.
Parallèlement, "les oléoducs alternatifs de l'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis destinés à contourner Ormuz semblent monter en puissance: on estime leur débit à respectivement environ 5 à 7 millions de barils/jour et à un peu moins de 2 millions de barils/jour", de quoi soulager un peu les tensions sur l'offre, ajoute M. Chan.
Bourses en repli
Dans ce contexte volatil, les Bourses asiatiques s'enfonçaient lundi en milieu d'échanges.
Vers 02H20 GMT à la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei lâchait 1,17% à 53.177 points, et l'indice élargi Topix 1,07%.
A Séoul, l'indice Kospi perdait 0,40%, après un éphémère rebond. Taipei gagnait cependant 0,26%, et l'indice hongkongais Hang Seng 0,28%. Sydney abandonnait 0,46%.
"Le pétrole continue de dicter le ton (...) La hausse des prix de l'énergie a entraîné une forte augmentation de sa corrélation avec les actifs risqués et une aversion au risque accrue, les actions évoluant alors de concert plutôt qu'en se basant sur leurs fondamentaux individuels", souligne M. Weston.
Le yen sous pression
La monnaie américaine se modérait quelque peu, cédant 0,11% à 159,57 yens pour un dollar.
Mais de façon générale, le billet vert, poussé par les craintes de pressions inflationnistes dues aux prix énergétiques, reste en force face à une devise japonaise structurellement affaiblie.
"La hausse des prix du pétrole (négociés en dollars) accentue la pression sur le yen en détériorant la balance commerciale du Japon et en limitant les achats de yens, traditionnellement une valeur refuge", observent les experts de Nomura.
Lors de sa réunion jeudi cependant, "la Banque du Japon devrait maintenir une politique d'attentisme, à moins d'une nette augmentation des anticipations d'inflation", ajoutent-ils.
L'or restait sans éclat, cédant 0,25% à 5.006 dollars l'once.
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