Moyen-Orient: le pétrole sous les 100 dollars avec les espoirs de paix, les Bourses optimistes

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les marchés mondiaux sont portés mercredi par les espoirs de résolution de la guerre au Moyen-Orient après les déclarations américaines évoquant un plan de paix, entraînant une chute des prix du pétrole, désormais sous les 100 dollars.

Iran et Etats-Unis négocient "en ce moment" pour tenter de mettre un terme au conflit, a affirmé mardi le président américain Donald Trump.

Plusieurs médias, dont le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12, avancent que l'administration Trump a proposé un plan de paix en 15 points à l'Iran par l'entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties.

Selon trois sources non identifiées citées par Channel 12, les Etats-Unis proposent un cessez-le-feu d'un mois, le temps que les autorités iraniennes étudient leurs demandes.

Même si la position de Téhéran reste incertaine, "les prix du pétrole ont reculé à la suite de ces développements, offrant un certain soulagement aux marchés actions qui avaient été pénalisés par les inquiétudes liées à l'inflation et à leurs répercussions sur les taux d'intérêt", souligne Matt Britzman, analyste actions senior chez Hargreaves Lansdown.

Sur les marchés d'actions européens, vers 11H10 GMT, la Bourse de Paris prenait 1,68%, Francfort 1,71%, Londres 1,25% et Milan 1,72%.

A Wall Street, les contrats à terme des trois principaux indices laissaient présager une ouverture en nette hausse également.

En Asie enfin, l'indice Nikkei de la place de Tokyo a terminé en hausse de 2,87%. A Séoul, le Kospi a pris 1,59%.

L'indice composite de Shanghai a gagné 1,30%, Shenzhen a grimpé de 1,95%, quand le Hang Seng hongkongais a terminé sur une hausse de 1,09%.

- Soulagement sur les prix du brut -

L'Iran a par ailleurs affirmé que les "navires non hostiles" pouvaient désormais "bénéficier d'un passage sûr par le détroit d'Ormuz en coordination avec les autorités compétentes", selon l'Organisation maritime internationale (OMI).

"Il s'agit d'un développement majeur pour le marché pétrolier, ouvrant la voie à une reprise des flux de pétrole à l'échelle mondiale", estime Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.

En parallèle, Londres et Paris vont présider cette semaine une réunion d'une trentaine de pays prêts à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz, dans la perspective de créer une coalition internationale sur la sécurité de cette voie de transport stratégique, selon des médias britanniques.

Près de 20% de la production mondiale d'hydrocarbures transite par ce détroit, dont le blocage de facto par Téhéran ces dernières semaines avait fait flamber les prix du pétrole.

Vers 11H10 GMT, le Brent de la mer du Nord, considéré comme la référence mondiale du brut, dévissait de 6,08% à 98,14 dollars le baril, sous le seuil symbolique des 100 dollars. Son équivalent américain, le WTI, chutait de 5,80% à 86,99 dollars le baril.

- Accalmie sur les taux d'intérêt des emprunts d'États -

La vague de soulagement est également visible sur le marché de la dette souveraine des Etats, avec un fléchissement des rendements mercredi.

Le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, s'établissait à 2,96% vers 11H10 GMT, contre 3,03% la veille à la clôture. Il évoluait toutefois autour de 2,64% avant la guerre.

Son équivalent français affichait un rendement à 3,66% contre 3,76% mardi en clôture. Hors UE, le britannique s'affichait à 4,86% contre 4,96% mardi soir.

"Le sentiment des investisseurs s'améliore prudemment grâce à l'espoir, mais les fondamentaux (les bases économiques réelles, ndlr) ont été affectés après près d'un mois de combats au Moyen-Orient et de perturbations autour du détroit stratégique d'Ormuz", tempère toutefois Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote.

"Le contexte macroéconomique s'est détérioré au cours du mois écoulé", avec des prix de l'énergie plus élevés, poursuit-elle. "Les coûts d'exploitation augmentent, et les marges sont susceptibles d'être sous pression."

En conséquence, "les anticipations concernant la Réserve fédérale américaine (Fed) et les autres grandes banques centrales ont évolué dans un sens plus restrictif, les marchés remettant de plus en plus en question la capacité de la Fed à procéder à des baisses de taux cette année", note-t-elle.

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