Nucléaire : la Cour des comptes veut une prise en compte de l'incertitude des coûts des futurs EPR2

  • AFP
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La Cour des comptes a appelé lundi à prendre en compte les incertitudes entourant le coût de futurs réacteurs nucléaires EPR2, et à prévoir les implications pour la gestion des déchets, alors que le président Macron a annoncé le lancement d'un nouveau programme de construction.

"S'agissant du coût de futurs EPR 2, des fourchettes d'incertitude sur les coûts de construction devraient être systématiquement testées, compte-tenu de l'absence de maturité de ce nouveau réacteur", notent les magistrats dans leurs conclusions. La France s'apprête à lancer la construction de nouveaux réacteurs sur son sol, une vingtaine d'années après la mise en service des derniers, a annoncé Emmanuel Macron le 9 novembre.

Outre le défi industriel, la Cour des comptes avait pointé l'an dernier l'enjeu financier "majeur" d'un tel programme, chiffrant le coût de construction de six EPR de nouvelle génération (EPR2) à 46 milliards d'euros.

Dans son nouveau rapport publié lundi, elle évoque une "fourchette de coût comprise entre 85 et 100 euros/MWh" pour l'électricité qui serait ainsi produite. Il s'agit d'une estimation de leur coût moyen actualisé (LCOE) fondé sur un certain nombre d'hypothèses. "Ces éléments de coûts sont des données provisoires. Les travaux se poursuivent pour conforter l'analyse des coûts d'un éventuel programme EPR2, afin de préparer les éléments d'une future décision sur l'évolution du parc post-2035", note la Cour.

Parmi ses recommandations, elle suggère par ailleurs de "prévoir et expliciter, pour les scénarios de mix électrique comprenant une hypothèse de renouvellement du parc nucléaire, la prise en compte des investissements associés à l'aval du cycle du combustible" - c'est-à-dire de gestion des déchets, pour certains à très long terme.

En effet, de nouveaux réacteurs pourraient nécessiter des investissements supplémentaires aussi bien pour le renouvellement des installations du centre de retraitement de La Hague (Manche) que pour l'accroissement du futur site de stockage de déchets radioactifs de Cigeo à Bure (Meuse), voire la construction d'un autre site supplémentaire de ce type.

"Les hypothèses d'investissement associées au renouvellement de La Hague ou le chiffrage d'un deuxième Cigeo ne sont explicitées dans aucun document à l'appui d'hypothèses de coûts de production de futurs EPR", soulignent les auteurs.

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La rédaction

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