Nucléaire : l'EPR de Flamanville a atteint 100% de puissance pour la première fois

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Vue de l'EPR de Flamanville durant les travaux, devant les réacteurs de 2e génération déjà en service. (©EDF-Alexis Morin) 

Le réacteur EPR de Flamanville, dans le nord-ouest de la France, a "atteint 100% de puissance nucléaire" pour la première fois dimanche, son exploitant EDF saluant "une étape majeure" pour ce projet qui a accumulé les retards et les surcoûts.

1 669 de puissance brute

"Le 14 décembre 2025 marque le franchissement d'une étape majeure : le réacteur de Flamanville 3 a atteint 100% de puissance nucléaire à 11h37 et a produit 1 669 MW de puissance électrique brute", a annoncé le producteur français d'électricité dans un communiqué, quelques jours après avoir obtenu le feu vert de l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR).

Flamanville 3, premier réacteur nucléaire à démarrer depuis 25 ans en France, avait été raccordé au réseau électrique le 21 décembre 2024, avec 12 ans de retard par rapport à la date initialement prévue. Ses coûts ont explosé par rapport au devis initial de 3,3 milliards d'euros, estimés désormais par la Cour des comptes jusqu'à 23,7 milliards d'euros aux conditions économiques de 2023.

La France, pour laquelle le nucléaire représente une part très importante de sa production électrique, compte plus que jamais sur cette source d'énergie peu émettrice de CO2 mais complexe à mettre en œuvre et génératrice de déchets.

Le président Emmanuel Macron avait annoncé en 2022 une ambitieuse politique de relance du nucléaire avec la construction de six réacteurs de nouvelle génération (EPR2) et la possibilité d'en construire huit supplémentaires.

Le pays tarde toutefois à finaliser sa feuille de route pour l'énergie ces prochaines années, la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Le texte est victime de profondes divisions politiques sur le partage entre nucléaire et énergies renouvelables, le Rassemblement national s'opposant notamment au développement des renouvelables.

Des essais à différents paliers de puissance à venir

"Cette première atteinte des 100% permet de tester les matériels à pleine puissance, réaliser des relevés et vérifier leur bon fonctionnement. Dans les semaines à venir et dans le cadre du programme de démarrage, la puissance du réacteur sera amenée à varier pour poursuivre les essais à différents paliers de puissance et une intervention sera réalisée sur un poste électrique interne", ajoute EDF.

Sur ce dernier point, "les équipes procèderont au remplacement complet d'une traversée de 400 kV d'un poste électrique qui relie les ouvrages aériens aux câbles souterrains qui descendent jusqu'au pied de la falaise et permet d'alimenter le transformateur auxiliaire du réacteur de Flamanville 3", a détaillé à l'AFP une porte-parole d'EDF. "Cette intervention sera réalisée en puissance - sans avoir à déconnecter le réacteur du réseau", a-t-elle précisé.

L'ASNR avait donné vendredi son feu vert à EDF pour augmenter au-delà de 80% la puissance du réacteur. Le groupe avait alors indiqué que ses équipes étaient "mobilisées pour amener le réacteur à 100% de puissance d'ici la fin de l'automne", conformément aux annonces faites précédemment.

La puissance électrique brute évoquée dimanche se distingue de la puissance nette, qui est injectée sur le réseau électrique national. La différence s'explique parce que le réacteur consomme lui-même une partie de l'électricité qu'il produit pour ses propres besoins.

L'EPR, construit face à la Manche au côté de deux autres réacteurs, est le plus puissant du parc nucléaire français et doit pouvoir alimenter deux millions de foyers. D'autres réacteurs EPR sont en service dans le monde, en Chine (Taishan 1 et 2) et en Finlande (Olkiluoto 3). Deux exemplaires sont également en construction à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l'Angleterre.

Commentaires

APO
Il était temps... Bravo aux équipes de livraison et de construction. En attendant les prochains !
APO
Bravo aux équipes EDF !
Rad
On peut s'en réjouir, mais restons humble : on voit la fin du tunnel, mais ce projet a été un terrible fiasco. Ne faisons pas l'autruche pour éviter de répéter les mêmes erreurs. D'ailleurs on n'en a pas encore tout à fait fini : un arrêt de presque 1 an prévu... l'automne prochain déjà. Et déjà les premières sueurs pour le programme EPR2 : estimations des délais allongés (+ 2 ans), estimations des coûts qui augmentent (+ 30 %), difficultés liées à la résistance du sol à Gravelines... Croisons les doigts pour que le programme EPR2 soit un succès, on en a besoin !
Rochain Serge
Pour éviter les mêmes erreurs ? Mais on les a répété sur tous les EPR ! Sur les 6 en fonctionnement ou en cours de construction ! Non, je ne dirai pas bravo, en tout cas pas pour cette réalisation. On ne peut pas applaidir un échec ! Multiplier le budget et le délai de réalisation par 5 ou 6 ne justifie pas un bravo. Je dirai bravo sur le fait que l'EPR a réussi à ^prouver que le nucléaire n'était pas une solution pour l'avenir ! Trop long, trop cher, trop imprévisible, en tout cas bien plus que la météorologie que ce soit pour les rendez vous avec le besoin ou le prix et la disponibilité de son combustible, même en s'en tenant à l'horizon de 60 ans de son premier coup de pioche.
COCHELIN
Un projet très complexe risqué dès le début de l'EPR après une grosse perte de compétences suite à un arrêt prolongé de construction de reacteurs. Regardez du côté renouvelables. L'idée d'un moratoire a suscité de nombreuses protestations : https://www.connaissancedesenergies.org/afp/moratoire-sur-leolien-et-le-photovoltaique-la-filiere-des-renouvelables-denonce-un-monstre-legislatif-250620
Rochain Serge
Perte de compétences ? au démarrage du proget EPR, EDF était en plein dans la mise en oeuvre des 4 réacteurs du palier N4 ce qui fait qu'il n'y a eu aucune interruption de l'exercice de la compétence d'EDF dans la construction de réacteurs nucléaire depuis la mise en oeuvre du plan Mesmer. En revanche, les renouvelables sont constamment attaqués par les victime des fakes du lobby nucléaire aussi convaincus qu'ignorants, que, hors de l'atome il n'y a pas de solutions
COCHELIN
Vous continuez à nier des évidences : https://www.transitionsenergies.com/veritables-causes-cauchemar-chantier-epr-flamanville/
Rochain Serge
Quelle évidence Cochelin, le site que vous citez en reférence ne fait aucunement mention d'une quelconque perte de compétence lié au fait que nous aurions abandonné pour une longue ou même courte période sans créer de nouveaux réacteurs ! Depuis le plan Mesmer ces constructions ont été ininterropues et vous ne pourre pas prouver le contraire
Cochelin
C'est justement la longue interruption de constructions nucléaires qui a engendré une perte de compétences à tous les niveaux : Mise en chantier, qualité des matériaux, des soudures, des canlisations, des pompes, ... https://www.connaissancedesenergies.org/questions-et-reponses-energies/comment-expliquer-le-retard-et-le-surcout-de-lepr-de-flamanville
Rochain Serge
Je me tue à vous démontrer qu'il n'y a pas eu de longue interruption de construction du nucléaire Cochelin..... vous ne savez toujours pas lire ? Les deux réacteurs du palier N4 de Civaux ont été mis en service commerciale en 2002 et l'EPR. L'étude du projet EPR commence 10 ans avant, en 1992, Flamanville est choisi comme site d'implantation en 2004 et les travaux commencent en 2005, la même année que celui d'Olkiluoto qui avait 4 mois d'avance sur Flamanville .... et depuis aucune interruption de la construction jusqu'à ce jour. Quand voyez vous cette longue interruption qui aurait fait perdre le savoir faire, la fin de développement des N4 et le démarrage de la génération EPR se recouvrent même durant 10 ans de 1992 à 2002 ?
COCHELIN
Non. Il y a eu environ 10 ans entre la fin de la construction de Civaux (https://www.edf.fr/centrale-nucleaire-civaux) et le véritable démarrage de la construction de Flamanville 3.
Rochain Serge
Ce que vous considérez comme le démarrage c'est quand les cantoniers débarassent le terrain sur lequel sera construit l'EPR de la végétation qui le recouvre, en 2005, où quand les ingéniers d'EDF ont sorti la planche à dessin en 1992 10 ans AVANT que Civaux ne soit mis en service commercial ? Je ne savais pas que ce qui faisait la compétence des constructeurs de centrale nucléaire devait se chercher dans les corps de métiers des terrassiers aux couvreux en passant par tous les intermédiaires de l'industrie du bâtiment !
Pascal rezler
La PPE doit etre bien compliquée à mettre en oeuvre. Choisir entre non renouvelable( le nucléaire), le renouvelable ( les autres énergies) , voire les permanentes ( celles qui nous entourent et qu'il suffit de capter) n'est pas forcement si compliqué sur les plans économiques et environnementaux. Par contre coté politique ( pour faire plaisir aux copains, ou pas) celà devient beaucoup plus complexe. A l'heure où les comptes de la France sont exangues ne faudrait il pas mieux faire appel aux capitaux privés , largement majoritaires dans l'éolien et le solaire, que de pomper les ressources de l'état via la cdc ( 400 milliards) pour construire un reseau EPR 3 à 4 fois plus onereux?
Guilhermet
L'EPR de Flamanville, non seulement a accusé un retard considérable, mais en plus le budget initialement prévu pour sa construction en 2003 a depuis explosé : augmentation de 479 %. Qui ose considérer cette gabegie comme une solution sérieuse ?
Guilhermet
Vous faites erreur, avec les chiffres fournis dans l'article, l'augmentation du coût de l'EPR est de 718 % !!! Une paille de radionucléides pour les apôtres de l'atome...
Jérôme RYCKEWAERT
À propos de question judicieuse : pourquoi le Japon, l'Inde, les États-Unis, la Pologne et j'en passe.... même des états du Golfe Persique, pourquoi ces pays reviennent-ils au nucléaire ? Choix juducieux : si on ne fait pas comme en France des STOP-AND-GO politiques perpétuels, c'est l'énergie la plus efficace lorsqu'on la maîtrise adéquatement (incluant délais et coûts de construction, gestion de la chaîne d'approvisionnement du combustible, maîtrise et maintien de l'expertrise technique, recyclage des déchets dans les réacteurs de nouvelle génération, gestion rigoureuse et sécuritaire des déchets restants, etc.). C'est bien aussi pour cette raison que les pays participant à la COP ont déclaré vouloir augmenter la part de cette énergie moins poluante en comparaison aux énergies fossiles et clairement plus efficace en comparaison aux énergies renouvelables pour l'instant assez peu rentables. N'en déplaise à certains.

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