Puissance électrique brute
La puissance électrique dite « brute » d'un réacteur nucléaire (« gross capacity » ou « nameplate capacity » en anglais) mesure sa puissance maximale en sortie de turbine. Elle s'exprime en mégawatts électriques (MWe).
Mais un réacteur nucléaire absorbe une partie de l'électricité qu'il produit pour ses propres besoins de fonctionnement (consommation d'auxiliaires et pertes dans les transformateurs). C'est ce qui explique la différence avec la puissance nette.
Puissance électrique nette
La puissance électrique dite « nette » d'un réacteur (« net capacity » en anglais) désigne sa puissance réellement disponible à l'entrée du réseau électrique. Elle est ainsi égale à sa puissance brute déduction faite de sa consommation interne.
En général, la puissance nette avoisine de l'ordre de 95 % de la puissance brute, ce qui signifie que 5 % de la production électrique d'un réacteur nucléaire est en moyenne absorbée pour son propre fonctionnement. Par exemple, les 4 réacteurs de la centrale nucléaire de Cattenom en France ont chacun une puissance électrique brute de 1 362 MWe et une puissance électrique nette de 1 300 MWe.
C'est la puissance électrique nette qui fait office de puissance de référence pour évoquer la capacité d'un réacteur nucléaire (« Reference unit power » indiquée par l'Agence internationale de l'énergie atomique dans sa base PRIS(1)).
La production nette (puissance nette multipliée par le nombre d'heures de fonctionnement) est mesurée à la sortie de centrale et désigne la quantité d'électricité réellement fournie par le réacteur au réseau.
La World Nuclear Association souligne que les puissances brutes et nettes d'un réacteur nucléaire « varient légèrement entre l'été et l'hiver » : l'exploitant communique ainsi des données moyennes. Par exemple, le réacteur à eau pressurisée (REP) de Watts Bar dans le Tennessee aurait une puissance nette d'environ 1 125 MWe en été et de près de 1 165 MWe en hiver (selon les conditions de température à adapter pour l'eau de refroidissement dans le condenseur)(2).
Puissance maximale de l'EPR de Flamanville. La puissance maximale de Flamanville 3 a fait l'objet d'incertitudes. Dans un rapport de septembre 2025, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) avait révélé qu'EDF lui avait communiqué une hypothèse de puissance maximale de 1 585 MW (puissance nette). En novembre 2025, EDF a précisé qu'il s'agissait du « bas de la fourchette », disant espérer atteindre 1 620 MW de puissance nette.
L'EPR de Flamanville, l'un des réacteurs nucléaires de 3e génération, a finalement atteint 100 % de puissance pour la première fois le 14 décembre 2025. EDF a communiqué, à cette occasion, une puissance électrique brute de « 1 669 MW »(3).
Puissance thermique
Notons que la puissance thermique d'un réacteur nucléaire est parfois aussi évoquée. Il s'agit de la puissance en entrée de turbine, donc de la quantité totale de chaleur produite par le réacteur. Elle est exprimée en MW thermiques (MWth).
La chaleur produite chauffe de l'eau, créant de la vapeur qui fait tourner des turbines reliées à des générateurs électriques, convertissant ainsi l'énergie thermique en énergie électrique.
Sachant que le rendement de la conversion de chaleur en électricité est de l'ordre de 30 % à 40 %, la puissance thermique est environ 3 fois supérieure à la puissance électrique brute.
Comparaison des trois grandeurs
Le tableau comparatif ci-dessous récapitule les trois types de puissance utilisés pour caractériser un réacteur nucléaire, avec des valeurs indicatives pour un réacteur à eau pressurisée (REP) de 900 MWe — le type le plus répandu en France.
En bref : puissance nette ≈ 95 % de la brute ; puissance thermique ≈ 3× la brute.
| Grandeur | Ce qu'elle mesure | Valeur indicative (REP 900 MWe) |
|---|---|---|
| Puissance électrique brute (MWe) | Sortie de turbine (avant consommation interne) | ~970 MWe |
| Puissance électrique nette (MWe) | Puissance injectée sur le réseau (≈ 95 % de la brute) | ~900 MWe |
| Puissance thermique (MWth) | Chaleur totale produite par le réacteur (≈ 3× la brute) | ~2 700 MWth |
Sources : AIEA (base PRIS, 2024), World Nuclear Association (janvier 2025). Valeurs indicatives pour un REP 900 MWe.