Orano : financement américain de 900 M USD pour une usine d'uranium enrichi aux Etats-Unis

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le spécialiste français de l'uranium Orano (ex-Areva) a obtenu un financement américain de 900 millions de dollars pour construire une usine de production d'uranium enrichi aux Etats-Unis, qui veulent accroître leur indépendance vis-à-vis de la Russie, a annoncé le groupe lundi soir.

Ce soutien s'inscrit dans le cadre d'un plan plus vaste de l'administration Trump pour développer la production d'électricité nucléaire, avec un total de financements de 2,7 milliards de dollars pour l'enrichissement d'uranium, annoncés par le Département de l'Energie américain (DOE).

"Orano a été sélectionné par le Département de l'Energie américain pour bénéficier d'un financement de 900 millions de dollars destiné à son projet de construction d'une installation de production d'uranium enrichi aux Etats-Unis", dont le coût total "est estimé à près de 5 milliards de dollars", précise Orano dans un communiqué.

Cette annonce, qualifiée par le groupe d'"avancée majeure", doit lui permettre de construire une usine d'enrichissement sur le site d'Oak Ridge (Tennessee), un projet annoncé par la filiale américaine du groupe en septembre 2024, sous l'administration Biden.

Le groupe espère au 1er semestre 2026 la finalisation du contrat et un dépôt de licence auprès de l'autorité de sûreté américaine, en vue d'obtenir en 2027 le feu vert pour lancer les travaux.

Ce projet, appelé "IKE", en référence au surnom du 34e président des Etats-Unis, Dwight Eisenhower, et à un discours en faveur de l'énergie nucléaire devant l'Onu, "permettra de sécuriser les besoins des exploitants de réacteurs nucléaires américains, conformément à la réglementation américaine qui interdit, à partir de 2028, l'importation d'uranium russe", explique le groupe.

"Les Etats-Unis souhaitent regagner en souveraineté sur leur production d'enrichissement d'uranium", étape indispensable pour fabriquer le combustible des centrales nucléaires, a indiqué à l'AFP mardi Jacques Peythieu, directeur Client et Stratégie d'Orano. Selon le dirigeant, "avant la guerre en Ukraine, les Etats-Unis étaient dépendants à 30% de l'uranium enrichi" produit en Russie, 1er acteur mondial du secteur.

Mais cette nouvelle usine vise également le marché des futurs réacteurs nucléaires, une priorité de l'administration américaine pour accompagner la demande croissante en électricité, "tirée par l'intelligence artificielle et les data centers", a précisé Orano.

Le projet "s'inscrit en complémentarité de l'extension de capacités de l'usine d'enrichissement Georges Besse 2 en cours de construction en France, première réponse d'Orano aux besoins énergétiques occidentaux", a ajouté Orano.

Le groupe déploie actuellement une extension de capacité d'enrichissement de 30% sur son complexe nucléaire du Tricastin (Drôme et Vaucluse), afin de répondre aux besoins des électriciens américains, européens, asiatiques qui, depuis la guerre en Ukraine, visent une indépendance accrue vis-à-vis de la Russie.

Présent depuis 40 ans aux Etats-Unis, le groupe espère démarrer en 2031 la production d'uranium enrichi, visant un quasi doublement de son chiffre d'affaires dans ce pays, où il réalise aujourd'hui environ 20% de ses ventes.

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