Outre-mer: des hausses de carburants annoncées au 1er avril, liées au conflit au Moyen-Orient

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les préfectures d'outre-mer ont annoncé jeudi des hausses de prix des carburants à compter du 1er avril, conséquence de la flambée du baril liée au conflit au Moyen-Orient, tout en assurant que l'approvisionnement des différents territoires était garanti.

Dans les départements et régions d'outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte et La Réunion), les prix de l'essence et du gazole sont régulés par un système de plafonds fixés mensuellement par les préfets pour tenir compte des particularités de ces territoires, notamment l'étroitesse des marchés et leur dépendance aux importations.

En Martinique, lors d'une réunion avec des représentants du monde économique jeudi, le préfet de l'île, Etienne Desplanques, a expliqué que la hausse du sans-plomb devrait être "contenue" mais celle du diesel "beaucoup plus franche" et comparable aux pics survenus au début de la crise ukrainienne, en 2022.

Cette hausse devrait notamment toucher les professionnels, premiers consommateurs de gazole. Les services de l'État ont évoqué la constitution d'une "cellule de suivi avec l'ensemble des acteurs" économiques pour "détecter les entreprises qui risquent d'être en difficulté".

"Le risque de pénurie n'existe pas", a insisté le préfet, la Martinique disposant notamment d'une raffinerie sur place.

Selon le préfet de Guyane, Antoine Poussier, lors d'une réunion similaire à Cayenne, "l'augmentation est significative mais contenue". Il a appelé les Guyanais "à ne pas sur-stocker les bouteilles de gaz et le carburant".

Le président de la collectivité territoriale de Guyane (CTG), Gabriel Servile, s'est dit prêt à prendre des mesures de compensations si nécessaire, estimant qu'une dégradation du climat social est "à craindre (...) si on n'arrive pas à moduler les augmentations".

La préfecture de Guadeloupe a annoncé la même hausse.

À La Réunion, le préfet Patrice Latron a lui annoncé une hausse des prix à la pompe à partir du 1er avril. "C'est une hausse que nous n'avons pas connue depuis longtemps, avec une augmentation de plusieurs dizaines de centimes pour l'ensemble des carburants", a-t-il déclaré. Le litre devrait approcher les deux euros, niveau jamais atteint depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022.

M. Latron s'est toutefois voulu rassurant sur l'approvisionnement, le carburant étant importé depuis Singapour et sécurisé par des contrats de livraison.

À Mayotte, la préfecture a annoncé l'arrivée de deux navires pétroliers dans les prochains jours pour "garantir les stocks de l'ensemble du mois d'avril". D'autres approvisionnements sont prévus en mai dans l'archipel.

La préfecture assure qu'il n'y aura "aucune rupture dans les prochains mois", mais précise que les prix mahorais seront également révisés au 1er avril.

Le quasi-blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, a provoqué une hausse d'environ 60% des cours du brut.

En France, les prix du gazole ont ainsi bondi de 29% depuis le 27 février, veille de l'attaque israélo-américaine sur l'Iran, selon un calcul AFP à partir des données de quelque 9.600 stations.

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