- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le gouvernement américain a esquissé mercredi son plan de reprise en main du pétrole vénézuélien: lever les sanctions, gérer la commercialisation et décider qui touchera les recettes, tout en se défendant de tout "vol".
Un « accord historique » avec Caracas
Depuis la capture du président Nicolas Maduro, Donald Trump n'a pas caché sa volonté de mettre la main sur la manne pétrolière du Venezuela, qui a les plus grandes réserves de brut prouvées au monde. Dès mardi soir, le chef d'État américain a ainsi assuré que les responsables vénézuéliens par intérim allaient remettre aux Etats-Unis "entre 30 et 50 millions de barils de pétrole" actuellement stockés sur des navires, un volume représentant l'équivalent d'un à deux mois de production du pays latino-américain. "Ce pétrole sera vendu aux prix du marché et l'argent sera contrôlé par moi", a-t-il ajouté.
Mercredi, son gouvernement a assuré que cette transaction s'inscrivait dans le cadre d'un "accord historique" avec Caracas, qui ne s'arrêtera pas aux millions de barils qu'il a évoqués.
La commercialisation du pétrole vénézuélien par les États-Unis continuera jusqu'à nouvel ordre, a ainsi prévenu le ministère américain de l'Énergie sur son site internet.
« UNIQUEMENT » des produits américains
Et les recettes ? Washington veut garder la main sur leur répartition. "Toutes les recettes provenant de la vente de pétrole brut et de produits pétroliers vénézuéliens seront d'abord versées sur des comptes contrôlés par les États-Unis dans des banques mondialement reconnues afin de garantir la légitimité et l'intégrité de leur distribution finale", a souligné le ministère de l'Énergie.
"Ces fonds seront utilisés au profit du peuple américain et du peuple vénézuélien, à la discrétion du gouvernement américain", a ajouté l'administration. Donald Trump a ensuite affirmé que la part que recevra le Venezuela "servira UNIQUEMENT à acheter des produits américains", notamment des produits agricoles et des médicaments.
Si les autorités de Caracas n'ont pas commenté le projet américain, la compagnie pétrolière publique Petroleos de Venezuela (PDVSA) a expliqué dans un communiqué qu'elle menait "actuellement une négociation avec les États-Unis pour la vente de volumes de pétrole, dans le cadre des relations commerciales existant entre les deux pays". "Ce processus (...) repose sur une transaction strictement commerciale, conforme à des critères de légalité, de transparence et de bénéfice pour les deux parties", selon PDVSA.
« Nous ne volons le pétrole de personne »
Le ministre américain de l'Énergie, Chris Wright, s'est vu demander sur la chaîne de télévision CNBC si des Vénézuéliens avaient assimilé son projet à du vol. "Je n'ai rien entendu de tel. Et bien sûr (...) c'est faux. Nous contrôlons simplement le flot de revenus provenant de leur pétrole", a-t-il répondu. "Nous ne volons le pétrole de personne", a-t-il insisté.
Donald Trump a imposé des sanctions sur le pétrole vénézuélien pendant son premier mandat, créant une forme d'embargo que des acheteurs parviennent à contourner via l'usage de flottes dites "fantômes". Washington se dit prêt à lever ces sanctions "de manière sélective" pour pouvoir commercialiser le pétrole vénézuélien sur le marché du pétrole traditionnel.
Le brut vénézuélien est réputé visqueux, difficile à raffiner. Le ministère américain de l'Énergie prévoit déjà d'expédier du pétrole léger pour qu'il soit mélangé à la production vénézuélienne, afin de "l'optimiser". Il compte aussi autoriser l'envoi d'équipements et d'experts dans le pays pour remettre à niveau les infrastructures, en mauvais état après des décennies de sous-investissement.
Donald Trump rencontrera vendredi les dirigeants de compagnies pétrolières américaines. "C'est simplement une réunion pour discuter des immenses possibilités qui s'offrent à ces sociétés en ce moment" au Venezuela, selon sa porte-parole Karoline Leavitt.