Pétrole: le Brent au-delà de 110 dollars dans l'attente d'une solution pour Ormuz

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les cours du pétrole montent mardi, le baril de Brent s'affichant même au-delà des 110 dollars, amplifiant une tendance à la hausse depuis plusieurs jours à cause de l'impasse diplomatique autour du blocage du détroit d'Ormuz.

L'Iran a déclaré mardi que les États-Unis n'étaient plus en mesure de "dicter leur politique" à d'autres pays, alors que Washington examine une nouvelle proposition de Téhéran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Malgré un fragile cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran qui tient depuis bientôt trois semaines, les tentatives de relance des discussions sur un arrêt durable des hostilités et la réouverture du détroit d'Ormuz ont jusqu'à présent échoué face à la fermeté affichée par les deux camps.

Par conséquent, ce passage particulièrement stratégique pour les exportations d'hydrocarbures reste bloqué et "il se dessine peu à peu l'image d'un marché pétrolier qui n'anticipe plus une réouverture rapide du détroit d'Ormuz", affirme Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, prenait 2,53% à 110,97 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, gagnait 2,97% à 99,23 dollars.

Parmi les barils qui passaient par Ormuz habituellement, "environ 5,1 millions de barils par jour contre 20 millions de barils" avant la guerre seraient en mesure d'être exportés actuellement, expliquent les analystes de DNB Carnegie.

Mais ces barils passent désormais largement via les voies de contournement du détroit, par le port de Yanbu en Arabie saoudite et celui de Fujairah aux Emirats arabes unis.

Les analystes précisent que ces données ne prennent pas en compte les passages de pétroliers appartenant à la flotte fantôme mais que ceux-ci sont "de moins en moins probables avec le blocus américain".

Pour le Brent, à deux jours de l'échéance du contrat pour juin, "le marché négocie de plus en plus le contrat de juillet", précise M. Rasmussen.

Ce dernier se négocie actuellement autour de 104 dollars, bien en dessous du contrat pour juin, car le prix des contrats avec des échéances plus lointaines est actuellement plus bas que celui des plus proches (ce qu'on appelle la "backwardation").

Ce phénomène s'explique par le fait que le marché s'attend à une forte baisse des prix quand le détroit d'Ormuz rouvrira.

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