- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné a affirmé mardi qu'un éventuel retour du groupe français dans le pétrole vénézuélien ne figurait "pas en haut de (sa) liste de priorités", lors d'une conférence mardi à Abou Dhabi.
Interrogé sur ses perspectives dans le pays, le PDG a répondu que le groupe allait "examiner la question" tout en soulignant qu'il faudra "réunir un certain nombre d'éléments afin de pouvoir y investir". "Pour vous dire la vérité, ce n'est pas en haut de ma liste de priorités", a-t-il souligné.
Le groupe s'est totalement retiré du pays en 2022, à l'instar d'autres compagnies. "Nous avons tous été obligés de partir", parce que "les conditions de sécurité n'y étaient pas", a fait valoir le patron.
A l'époque, le groupe avait expliqué qu'il ne souhaitait pas, conformément à sa stratégie, investir dans des projets de développement de brut extra-lourd, comme celui situé dans la Ceinture de l'Orénoque, particulièrement coûteux à exploiter et fortement émetteur de gaz à effet de serre.
Pour le patron de TotalEnergies, qui intervenait à l'Abu Dhabi Sustainability Week, le pétrole lourd et visqueux vénézuélien "requiert de lourds investissements" et "il faut aussi gérer les émissions" de gaz à effet de serre.
Ce "pétrole lourd ne peut pas être transporté, il faut du diluant, c'est un système complexe", a aussi décrit M. Pouyanné.
Vendredi à la Maison Blanche, Donald Trump a exhorté les hauts dirigeants du secteur pétrolier international à investir au Venezuela, "au moins 100 milliards de dollars", pour relancer son industrie pétrogazière à bout de souffle, après des années de sanctions américaines et de sous-investissements. Mais pour l'heure, l'appel du président américain a reçu un accueil prudent.
Le patron d'ExxonMobil, Darren Woods, a notamment décrit le Venezuela comme un pays comme "non investissable" sans réformes en profondeur, s'attirant les réprimandes du président américain.
"Je comprends que cela nécessitera un cadre clair, je dirais, pour pouvoir y investir, et que cela prendra du temps", a déclaré M. Pouyanné.
Selon lui, "on pourrait peut-être ajouter facilement 100.000, 200.000 barils par jour" à la production actuelle, mais s'il s'agit de produire un million de barils de pétrole par jour en plus, "cela nécessitera 100 milliards de dollars" d'investissements.
La production pétrolière du Venezuela, qui atteignait 3,5 millions de barils par jour à son point culminant, il y a 25 ans, est tombée aujourd'hui à 1 million de barils.
Et "revenir à trois (millions de barils par jour) (...) prendra des années", estime M. Pouyanné.
"Donc je ne suis pas sûr, je ne suis pas convaincu que cela aura un impact direct sur le marché en 2026", a-t-il ajouté.
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