- Connaissance des Énergies avec AFP
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Vladimir Poutine a ordonné mercredi la libération de deux prisonniers de guerre, ayant la double nationalité ukrainienne et hongroise, capturés par Moscou sur le front en Ukraine, un nouveau signe de la proximité entre le Kremlin et Budapest.
"Ce sont des citoyens possédant la double nationalité ukrainienne et hongroise. Ils ont été mobilisés de force. J'ai décidé de libérer deux personnes", a déclaré le président russe.
Il a fait cette annonce lors d'une rencontre à Moscou avec le chef de la diplomatie hongroise Peter Szijjarto lors de laquelle il était également question de l'approvisionnement de Bupadest en hydrocarbures russes.
Le sort des prisonniers de guerre issus de la minorité hongroise en Ukraine avait déjà été évoquée la veille lors d'un appel entre Vladimir Poutine et le Premier ministre hongrois Viktor Orban.
En remerciant Vladimir Poutine pour ces deux libération, le ministre Peter Szijjarto a également assuré que "beaucoup" de combattants ethniquement hongrois étaient contraints de combattre dans l'armée ukrainienne.
La situation de la minorité magyarophone dans la région ukrainienne de Transcarpatie, est l'un des sujets de tensions entre Kiev et Budapest. La semaine dernière, l'armée russe avait publié une vidéo montrant un homme se présentant comme un soldat d'origine hongroise enrôlé de force et demandant à être libéré.
La rencontre entre MM. Poutine et Szijjarto a aussi été l'occasion d'évoquer le blocage des livraisons de brut via l'oléoduc Droujba, qui traverse l'Ukraine en provenance de Russie. La Hongrie et la Slovaquie accusent Kiev de traîner les pieds pour réparer une portion de l'oléoduc endommagé par une frappe russe en janvier.
Après le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, l'UE a imposé une interdiction sur la plupart des importations de pétrole en provenance de la Russie.
Mais l'oléoduc Droujba ("amitié" en russe) a été provisoirement exempté afin de laisser le temps aux pays d'Europe centrale de trouver de nouvelles solutions.
La Hongrie et la Slovaquie continuent cependant d'importer du pétrole russe via l'oléoduc, qui a été visé à plusieurs reprises par des frappes ukrainiennes.
Mercredi, Peter Szijjarto a dit être venu à Moscou pour "obtenir la garantie" que les "quantités de gaz naturel et de brut nécessaires à la sécurité énergétique de la Hongrie" continueront à être "disponibles" et livrées "au même prix" par Moscou malgré la hausse des cours constatée depuis le début des frappes en Iran.
"Si le pétrole brut ou le gaz naturel russes n'arrivent pas en Hongrie, les prix de l'énergie dans le pays pourraient s'envoler", a-t-il souligné, accusant Kiev de bloquer l'oléoduc Droujba "pour des raisons politiques", ce que l'Ukraine dément.
"C'est pourquoi, monsieur le Président, le fonctionnement de l'oléoduc Droujba et du gazoduc Turkish Stream est particulièrement important pour nous", a-t-il poursuivi, en s'adressant à Vladimir Poutine.
La Hongrie est l'un des rares pays de l'Otan et de l'Union européenne à avoir renforcé ses liens avec Moscou depuis son offensive à grande échelle lancée en 2022 en Ukraine.
Budapest bloque notamment l'adoption d'un 20e paquet de sanctions de l'UE contre la Russie et le versement d'un prêt de 90 milliards d'euros à Kiev, tant qu'elle n'aura pas obtenu la reprise des livraisons via l'oléoduc.