Prague et Bucarest plafonnent les marges sur les carburants et réduisent les taxes alors que leurs prix s'envolent

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Les gouvernements tchèque et roumain ont annoncé jeudi qu'ils plafonneraient les marges bénéficiaires sur les carburants et réduiraient les taxes sur le gazole, alors que les prix s'envolent en raison de la guerre au Moyen-Orient.

Les prix mondiaux des carburants sont en hausse depuis le début du conflit, il y a plus d'un mois, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l'Iran.

Le gouvernement roumain a annoncé jeudi dans un communiqué qu'il allait réduire la taxe sur le diesel de 30 bani (0,06 dollar) par litre.

La semaine dernière déjà, ce pays membre de l'UE, qui compte 19 millions d'habitants, avait plafonné les marges bénéficiaires sur les carburants afin de lutter contre ce qu'il qualifiait de "situation de crise".

Le week-end dernier, les prix dans les stations-service en République tchèque, un pays membre de l'UE comptant 10,9 millions d'habitants, s'élevaient à 41,36 couronnes (1,94 dollar) le litre d'essence et 48,08 couronnes (2,25 dollars) le litre de gazole.

Il y a deux semaines, un litre d'essence coûtait 3,66 couronnes de moins et le diesel se vendait 6,29 couronnes de moins.

À partir du 8 avril, les marges tchèques sur l'essence et le diesel seront plafonnées à 2,5 couronnes (0,11 dollar) par litre, tandis que les taxes sur le seul gazole baisseront de 2,35 couronnes par litre, contre 9,95 couronnes actuellement.

"Nous commençons mercredi prochain afin de laisser un peu de marge au marché pour se préparer", a déclaré le Premier ministre tchèque Andrej Babis aux journalistes.

Il a ajouté que le gouvernement fixerait également chaque jour à 12H GMT des prix maximums à payer par les particuliers comme par les entreprises, les prix du week-end étant fixés le vendredi et valables jusqu'au lundi.

Le gouvernement issu des élections législatives d'octobre et nommé en décembre, dirigé par le milliardaire Andrej Babis, est composé de son parti ANO et de deux formations alliées eurosceptiques, le parti d'extrême droite SPD, et le parti des Motoristes, hostile à la politique européenne sur l'environnement.

M. Babis a critiqué les pays de la région pour leur manque de coordination dans la limitation des prix des carburants.

"Nous constatons ce qui se passe dans les pays voisins, et chaque pays fait plus ou moins ce qu'il veut", a-t-il déclaré.

Il a pointé du doigt la décision de la Slovaquie d'appliquer des tarifs différents aux locaux et aux étrangers, ainsi que d'importantes réductions d'impôts en Pologne.

"Au lieu de coordonner les prix au sein de la région nous avons un chaos total", a-t-il déclaré.

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