- Connaissance des Énergies avec AFP
- parue le

Le gouvernement allemand va présenter cette semaine au Parlement un projet de loi pour renforcer le contrôle des prix des carburants, en obligeant les compagnies pétrolières soupçonnées d'abus à prouver qu'elles ont agi "légalement".
Des augmentations « beaucoup plus fortes que la moyenne européenne »
L'Office fédéral des cartels (BKA), le gendarme allemand de la concurrence, va voir ses moyens "renforcés" pour "contrôler rapidement et stopper les surcharges de prix dans le commerce de gros", a annoncé mardi la ministre de l'Économie Katherina Reiche, lors d'un point presse.
La flambée des prix des carburants liée au blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, attaqué par Israël et les États-Unis, se ressent particulièrement dans la première économie européenne, déjà aux prises avec une crise industrielle tenace et des tensions commerciales.
Les prix à la pompe y ont "augmenté beaucoup plus fortement que la moyenne européenne" et le secteur "n'a pas fourni d'explication particulièrement convaincante" pour justifier cette hausse, a souligné Mme Reiche.
Avec les nouvelles mesures, le BKA pourra "en cas de soupçon d'abus" demander aux compagnies pétrolières de prouver qu'elles ont "agi légalement" via la présentation de "leurs prix et la manière dont ces prix se forment", a-t-elle affirmé. Par le biais de cette "inversion de la charge de la preuve", le gouvernement espère "accroître la transparence des prix" mais aussi "intensifier la concurrence", a encore dit la ministre.
Une adoption espérée « au plus tard début avril »
Le projet de loi doit être examiné "cette semaine" en première lecture par les députés au Bundestag, pour une publication du texte espérée "au plus tard début avril".
Mercredi, Mme Reiche avait déjà annoncé le déblocage d'une partie des réserves stratégiques de l'Allemagne et l'interdiction pour les stations-service d'augmenter leurs prix plus d'une seule fois par jour.
La ministre a écarté pour l'heure une éventuelle réduction des taxes sur l'énergie et le carbone pour soulager les consommateurs, insistant sur la nécessité de "ménager les finances publiques". Elle a toutefois laissé entendre que l'État puisse "rétrocéder" aux automobilistes d'éventuelles recettes de TVA supplémentaires.
Bien que l'Allemagne n'a à l'heure actuelle "pas de problèmes d'approvisionnement, (...) pas de pénurie de pétrole, ni de gaz, ni d'essence", le gouvernement envisage d'instaurer une réserve stratégique de gaz "sécurisée, séparée du marché" pour les situations d'urgence, a-t-elle indiqué. Ce projet, qui "fait actuellement l'objet d'expertises", pourrait être lancé pour pouvoir "avoir un effet sur le prochain hiver".